Maroc
La ville marocaine de Khémisset est surtout connue pour ces tapis, riches de motifs berbères, tout comme le sont les tatouages traditionnels que portent encore certaines femmes.
Depuis les années 60, les tatouages berbères disparaissent pourtant lentement. Ighoudane et Fatima font partie d’une minorité de femmes qui conservent sur la peau ces dessins symboles de l’histoire et de la culture berbère.
"À l’époque, il y avait plusieurs modèles de tatouage et chacun choisissait ce qu’il voulait. Les tatoueurs piquaient la peau avec une aiguille et plaçaient du charbon noir dans les orifices avant de refermer. C’était très douloureux. J’ai attendu une semaine qu’une croûte se forme sur mon visage. Je l’ai ensuite enlevée et c’est à ce moment-là que j’ai pu voir le résultat final et le tatouage", raconte Ighoudane Taguelmane, 86 ans, habitante de Khémisset.
"Le tatouage berbère était totalement différent de ce que nous voyons aujourd'hui. Il avait plusieurs significations et différents motifs ayant chacun leur propre symbolique. Mais de nos jours, les tatouages modernes ne ressemblent plus à ça. Ils viennent d’autres pays et les jeunes les préfèrent", ajoute son amie **Fatima Masoudi,**89 ans.
Les Berbères sont un groupe ethnique autochtone d'Afrique du Nord. Ils habitaient le plus souvent dans les zones montagneuses ou désertiques. Plus qu’ornemental, le tatouage avait alors une fonction sociale et identitaire puisque spécifique à une tribu dont la plupart des symboles caractéristiques se retrouvaient aussi sur d’autres supports.
"Les Berbères utilisent de nombreux symboles, sur les tapis, les parures pour les femmes, ainsi que pour les tatouages. Les signes sont multiples, il y a par exemple les triangles et les demi-cercles. On les retrouve sur les boucles d'oreilles, les bracelets, les chaînes de cheville. Nous voyons aussi ces symboles sur de nombreuses robes et sur les costumes berbères, que ce soit pour les femmes ou les hommes", détaille l'historien Mohamed Es-Semmar.
De tout temps, le tatouage a été une coutume chez les femmes berbères, mais la tradition se perd, effacée doucement par la modernité et la disparition des tribus berbères, mais aussi les interdictions et préceptes religieux.
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