Rwanda
Félicien Kabuga plaide "non coupable" devant la justice internationale.
Le "financier présumé" du génocide rwandais a comparu devant le Tribunal Pénal International de La Haye ce mercredi.
Un des fugitifs les plus recherchés au monde jusqu’à son arrestation en mai dernier après 25 ans de cavale, il est visé par sept chefs d'inculpations. Après son arrestation le 16 mai dans une ville de banlieue parisienne où il résidait sous une fausse identité, il avait déjà contesté l'intégralité des chefs d'inculpations devant la justice française, avant son transfert à La Haye.
Lorsqu'il lui a été demandé s'il voulait plaider coupable ou non coupable, Félicien Kabuga, "très fatigué", a "préféré ne pas répondre".
"Je vous serai reconnaissant de considérer cette non réponse comme un plaidoyer de non culpabilité sur tous le chefs d'accusation", a déclaré son avocat, Emmanuel Altit.
Crimes contre l'Humanité
L'ancien président de la Radio Télévision des Milles Collines est accusé d'avoir participé à la création des milices hutu Interahamwe, le principal bras armé du génocide de 1994, qui a fait 800 000 morts selon l'ONU. Il répond d’accusations de "génocide", "d’incitation directe et publique à commettre un génocide" et de "crimes contre l’humanité".
"Par ses pouvoirs, Félicien Kabuga contrôlait le contenu des émissions de la RTLM et donnait des instructions, incitait, concevait, encourageait, facilitait et ne prenait pas de mesures pour empêcher les émissions", selon l'acte d'accusation lu lors de l'audience. "Il avait la possibilité de dénoncer aux autorités pénales rwandaises" les émissions, dont certaines incitaient "à la haine ethnique et à la division", selon les termes contenus dans l'acte d'accusation.
Félicien Kabuga est également soupçonné d'avoir contribué en 1993 à l'achat massif de machettes qui seront distribuées aux miliciens en avril 1994, une accusation qui appuie la thèse d'une planification du génocide, jamais tranchée par la justice internationale au grand dam de Kigali.
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