Soudan
Le chef rebelle Yasser Arman, dont la libération à Khartoum avait été annoncée plus tôt lundi par des médias officiels soudanais, a affirmé avoir en fait été expulsé à Juba, au Soudan du sud, avec deux autres figures de son mouvement.
“Je suis arrivé avec mes camarades Ismaïl Jalab et Moubarak Ardoul. J’ai été expulsé. (…) Je n’ai pas été libéré”, a dit M. Arman, le chef-adjoint du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM-N), à un correspondant de l’AFP à Juba.
Ces trois figures de l’opposition avaient été interpellées la semaine passée en pleine répression du mouvement de contestation au Soudan, avant que des médias, dont la télévision nationale, n’annoncent lundi leur “libération”.
Le SPLM-N, en conflit depuis 2011 avec le pouvoir central dans les Etats du Kordofan-Sud et du Nil Bleu, fait partie de l’Alliance pour la liberté et le changement (ALC), fer de lance de l’actuelle contestation au Soudan.
M. Arman était rentré le mois dernier dans son pays en affichant la volonté de de participer à des pourparlers avec le Conseil militaire de transition, qui dirige le Soudan depuis le renversement par l’armée du président Omar el-Béchir le 11 avril, sous la pression populaire.
Ce chef rebelle avait été arrêté à Khartoum le 5 juin par les services de sécurité, deux jours après la répression sanglante du sit-in tenu par la contestation devant le siège de l’armée dans la capitale.
Échec des négociations avec le conseil militaire
MM. Jalab et Ardoul avaient eux été interpellés à leur domicile le 8 juin, au lendemain d’une rencontre avec le Premier ministre éthiopien, qui s‘était rendu au Soudan pour tenter une médiation entre les manifestants et le pouvoir militaire.
À l’issue de cette rencontre avec le dirigeant éthiopien, le 7 juin, un autre leader de la contestation, Mohamed Esmat, a été emmené par “des hommes armés” devant l’ambassade éthiopienne à Khartoum, selon des proches. Son sort n’a pas été évoqué lundi.
La libération de Yasser Arman a été présentée comme une des conditions posées par les protestataires à une reprise des négociations avec les généraux au pouvoir.
Ces négociations ont échoué le 20 mai, chaque partie réclamant la direction de la nouvelle instance qui serait chargée de mener la transition pendant trois ans.
Face au net durcissement de la répression, la contestation a lancé dimanche un mouvement de désobéissance civile à Khartoum et dans tout le pays.
AFP
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