Mozambique
Dépourvus de pupitres, assis à même le sol, les élèves de cette classe de Mitilene située à une centaine de kilomètres au nord de Maputo, la capitale du Mozambique, sont pourtant les pionniers d’une révolution culturelle.
Ils suivent leur leçon, non pas en portugais, mais en changana, l’une des 42 langues locales du pays.
L’initiative concerne les enfants de six à sept ans et a pour objectif de faciliter les premières années d’apprentissage.
« Tous les enfants ici parlent changana, à part quelques-uns qui viennent de la ville, raconte Helena Joaquim, leur institutrice. Mais la majorité d’entre eux n’a aucun problème à s’exprimer en changana ».
Au Mozambique, le portugais hérité de la colonisation est la langue officielle et quasi-générale de l’enseignement.
Pourtant, selon le ministère de l‘Éducation, 90 % des 1,3 millions d’enfants qui entrent chaque année à l‘école s’expriment exclusivement en langue locale. Un fait sur lequel s’appuie l’Associaçao Progresso qui fait justement la promotion de l’enseignement en langues locales.
« Avec l’éducation bilingue, les enfants sont plus actifs, parce qu’ils maîtrisent la langue, ils n’ont pas peur de parler au professeur, explique Alcina Sito, la chargée de l‘éducation de l’association. Ils communiquent mieux en langue locale, une langue qu’ils connaissent bien ».
Et les résultats sont au rendez-vous. L’an dernier, le gouvernement de Maputo a lancé une réforme qui généralise l’enseignement primaire en langues locales jusqu‘à l‘âge de 10 ans, avant de passer au tout portugais.
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