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L’Égypte temporise sur un éventuel soutien militaire à l’Arabie saoudite.

Des soldats de l'armée égyptienne montent la garde devant la prison de Tora, au Caire, le 22 août 2013.   -  
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Politique égyptienne

Le Parlement égyptien a reporté à lundi prochain, 26 octobre, la reprise des débats sur une éventuelle intervention militaire en soutien à l’Arabie saoudite, ont rapporté ce lundi les médias d’État.

Réuni en session extraordinaire depuis dimanche à la demande du président Abdel Fattah al-Sissi, l’hémicycle n’a pas encore arrêté de décision sur l’autorisation sollicitée par le chef de l’État.

Cette initiative intervient alors que le royaume saoudien est la cible d’attaques quasi quotidiennes des rebelles houthis, soutenus par l’Iran. Le conflit, qui oppose depuis plus d’une décennie les Houthis à une coalition dirigée par Riyad et appuyant le gouvernement yéménite internationalement reconnu, a connu une nouvelle escalade en juillet. En septembre, les rebelles se sont emparés d’une grande partie du littoral yéménite de la mer Rouge, avant de multiplier les frappes contre le territoire saoudien.

Parmi les cibles visées figurent le géant pétrolier public Aramco et l’aéroport international de Riyad. Une attaque survenue le 10 octobre dans la capitale saoudienne a fait treize morts, selon les informations rapportées.

Samedi, Abdel Fattah al-Sissi avait estimé qu’il était « inconcevable » que l’Égypte demeure spectatrice alors que la sécurité et la stabilité de l’Arabie saoudite sont menacées. Le président a toutefois insisté sur le caractère défensif de la démarche du Caire, affirmant que son pays ne cherchait pas à « affronter ou attaquer qui que ce soit ».

Des réserves sur les conditions d’un engagement

Si la majorité des parlementaires serait favorable à la proposition présidentielle, selon deux élus cités dimanche par l’AFP, le débat fait également apparaître des réserves. Le Parti social-démocrate égyptien, formation d’opposition disposant de près d’une douzaine de sièges, a ainsi demandé à son groupe parlementaire de s’abstenir lors du vote.

Tout en réaffirmant sa solidarité avec Riyad, le parti réclame des objectifs précis, des informations claires sur l’ampleur et la durée de toute mission, ainsi qu’une évaluation rigoureuse des risques encourus par les soldats égyptiens. Il souligne également la nécessité de mesurer les conséquences financières d’un engagement extérieur, dans un contexte de fortes contraintes économiques pour l’Égypte.

Le président de la Chambre, Hicham Badawi, a ajourné lundi la séance consacrée à l’examen du projet, afin que les discussions puissent se poursuivre la semaine prochaine. Le Parlement devra donc encore se prononcer sur les conditions dans lesquelles Le Caire pourrait apporter un soutien militaire à son allié saoudien, alors que l’escalade régionale fait peser de nouvelles incertitudes sur la sécurité du royaume.