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Un nouveau rapport du Groupe d’experts des Nations unies dresse le tableau le plus précis à ce jour de la puissance militaire et des ambitions politiques de l’AFC/M23 dans l’est de la République démocratique du Congo, tout en soulignant les liens de plus en plus étroits entre ce mouvement et l’ancien président Joseph Kabila.
e rapport suggère que cette évolution de leurs relations pourrait aboutir à une restructuration majeure de l’alliance rebelle, alors même que les combats se poursuivent dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu.
Selon le Groupe d’experts de l’ONU, l’ancien président Joseph Kabila est devenu une figure de plus en plus importante dans la trajectoire politique de l’AFC/M23. Les enquêteurs indiquent que M. Kabila s’est rendu dans des territoires contrôlés par le mouvement depuis mai 2025 et a tenu des réunions avec ses dirigeants, ce qui souligne ce que le rapport décrit comme une association politique grandissante.
Les experts citent de multiples sources indiquant que des discussions sont en cours pour restructurer en profondeur le mouvement, y compris la possibilité d’adopter un nouveau nom. Les changements signalés reflètent une volonté d’élargir l’attrait politique de l’alliance tout en renforçant ses ambitions à long terme dans l’est de la RDC.
L’ONU estime les effectifs de l’AFC/M23 à 30 000 combattants
Selon ce rapport, l’AFC/M23 compterait aujourd’hui environ 30 000 combattants, ce qui en ferait l’un des plus importants mouvements armés opérant dans l’est de la RDC.
Selon les experts, cette force comprend des vétérans de l’ancien CNDP et de la rébellion initiale du M23 de 2012, des recrues mobilisées depuis 2021 au sein de la diaspora rwandaise et dans les camps de réfugiés, ainsi que des milliers d’anciens membres des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), de policiers et de combattants du Wazalendo. On estime que bon nombre de ces derniers ont fait défection ou ont été capturés après la chute de Goma.
La présence militaire rwandaise reste importante
L’ONU estime qu’entre 14 000 et 18 000 soldats rwandais étaient déployés dans le Nord-Kivu et le Sud-Kivu fin décembre 2025. Plutôt que d’indiquer un retrait, les mouvements de troupes observés par la suite seraient des rotations de routine.
Le rapport identifie le général Vincent Nyakarundi comme le responsable des opérations, tandis que les généraux Eugène Nkubito et Vincent Gatama commanderaient respectivement les forces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, avec le soutien des forces spéciales du général Stanislas Gashugi. Les experts identifient également l’ancien général James Kabarebe, aujourd’hui conseiller principal en matière de défense auprès du président Paul Kagame, comme le responsable chargé de la coordination avec l’AFC/M23 et Kabila.
Le rapport note que les autorités rwandaises n’avaient pas répondu aux demandes de commentaires avant sa publication.
Les ambitions fédérales prennent le pas sur l’intégration au sein des FARDC
Sur le plan politique, selon les experts, l’AFC/M23 ne se présente plus comme un mouvement visant à se réintégrer dans l’armée nationale. Au contraire, il prône la création d’une « République fédérale du Congo » et entend mettre en place et diriger une future armée fédérale dans le cadre d’un tel système.
Le rapport indique que, à titre d’objectif alternatif, le mouvement envisage également la création d’une région autonome dans l’est de la RDC si une réforme constitutionnelle plus large s’avérait irréalisable.
Toutes les parties accusées de violations
Si le rapport identifie l’AFC/M23 comme le principal auteur des violations des droits de l’homme documentées en 2025, il accuse également les FARDC d’être le deuxième plus grand contrevenant, avec 789 cas documentés.
Les experts affirment en outre que les autorités congolaises ont fourni des armes aux milices Wazalendo, en violation de l’embargo sur les armes décrété par l’ONU, et ont maintenu une coopération opérationnelle avec les FDLR, un groupe armé soumis à des sanctions de l’ONU que Kinshasa s’est engagé à plusieurs reprises à démanteler.
Un mouvement qui se prépare à une nouvelle phase
Au-delà de la description de l’évolution de la situation sur le champ de bataille, le rapport de l’ONU suggère que l’AFC/M23 se prépare à une nouvelle phase politique. Le renforcement des capacités militaires du mouvement, ses ambitions constitutionnelles affichées et ses relations de plus en plus visibles avec Joseph Kabila indiquent une volonté de se transformer d’une coalition rebelle en une force politique plus large, alors même que le conflit continue de bouleverser l’est de la RDC.
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