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Soudan : la difficile vie des déplacés du camp d'El-Obeid

Camp de réfugiés d'Abu Shouk, situé à la périphérie de la ville d'Al-Fasher, au Darfour (Soudan), le 21 mars 2009.   -  
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Soudan

Dans le camp près d'El-Obeid, dans la région du Kordofan méridional au Soudan vivent, près de 100 000 réfugiés. Ils ont quitté leurs localités victimes des violences qui déchirent le pays depuis trois ans.

Mais El-Obeid n’est pas épargnée par ces atrocités. La ville a subi ces dernières semaines les attaques les plus intenses jamais menées par les paramilitaires.

''Les drones des Forces de soutien rapide nous bombardent sans cesse et ont tué plusieurs civils. Ce sont les drones que nous redoutons le plus ; quand les camions-citernes arrivent, nous craignons qu’ils ne soient pris pour cible, alors nous prenons l’eau et nous nous enfuyons… Nous avons peur des drones des Forces de soutien rapide.'', explique Agsam Hamad, Soudanaise déplacée.

Ici, les robinets sans à sec, la centrale électrique de la ville a été touchée par les combats. Mettant hors service les pompes à eau.

''Nous sommes épuisés, nous avons été déplacés de la vallée vers cet endroit, et le trajet jusqu’à la ville d’El Obeid a duré plus d’un mois. Il n’y a pas de fournitures humanitaires, nous avons besoin d’eau et de nourriture car beaucoup d’entre nous souffrent de malnutrition, et nous parcourons de longues distances à pied pour trouver de l’eau.'', raconte Agsam Hamad.

Dans ce camp, près de 200 familles s’entassent dans des abris de fortune bricolés à partir de paille, de tissus déchirés et de bâches en plastique.

''Il n’y a pas d’eau, un seul jerrican nous coûte cinq mille livres, et nous avons du mal rien qu’à en obtenir un ; en plus, l’eau est de mauvaise qualité. Je marche tous les jours du matin jusqu’à midi pour essayer de trouver un jerrican, mais je n’en trouve pas. Nous n’avons ni eau, ni nourriture, ni matelas.'', affirme Waseela Mohamed, déplacée.

Les livraisons d’aide humanitaire qui parvenaient au camp il y a quelques semaines se sont raréfiées, les services de la ville étant régulièrement pris pour cible.

« Les organisations humanitaires font ce qu’elles peuvent, mais les besoins sont bien plus importants », a déclaré un bénévole qui a souhaité rester anonyme.

À l’intérieur d’El-Obeid, les drones bourdonnent presque sans discontinuer, a indiqué Adam Hussein, utilisant un pseudonyme par crainte de représailles.

C’est dans ce contexte que l’ONU a mis en garde contre des mouvements « importants » des Forces de soutien rapide autour de la ville en prévision d’un éventuel assaut terrestre.

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