Sud-Soudan
Un ordre donné par l'armée du Soudan du Sud d'évacuer la ville d'Akobo, contrôlée par l'opposition, au début du mois a poussé environ 100 000 personnes à fuir vers l'Éthiopie, a déclaré mardi l'UNICEF.
Akobo, située dans l'État oriental de Jonglei, est le dernier foyer de tension en date, alors que les combats entre le gouvernement et l'opposition ont ramené le Soudan du Sud au bord d'une guerre civile totale.
L'armée a ordonné l'évacuation de la ville, y compris celle des agences d'aide étrangères, le 6 mars. Elle affirme avoir depuis pris le contrôle d'Akobo, bien que des informations contradictoires circulent sur les événements sur le terrain, impossibles à vérifier en raison des communications limitées.
Une source sécuritaire a déclaré à l'AFP que l'armée avait pris le contrôle de la caserne d'Akobo et détruit des bâtiments aux alentours pour créer une zone tampon, mais aucun rapport officiel n'avait encore été publié.
L'agence des Nations unies pour l'enfance a déclaré que "la violence et le conflit font rage" dans tout le Jonglei, créant une "situation qui se détériore pour les enfants".
"On estime à 100 000 le nombre de personnes ayant traversé la frontière vers l'Éthiopie, et d'autres se sont déplacées vers des zones plus sûres dans les États du Jonglei et du Haut-Nil", a déclaré l'UNICEF dans un communiqué.
"Toutes les personnes qui recevaient des soins à l’hôpital d’Akobo – qui était auparavant un refuge pour les malades et les blessés – sont parties. Des informations confirment que l’hôpital a été pillé et qu’il est désormais fermé."
L’UNICEF a ajouté que les taux de malnutrition chez les enfants déplacés étaient "alarmants".
Vingt-huit établissements de santé et de nutrition ont été détruits, pillés ou fermés dans l'État de Jonglei depuis le début de l'année, alors que la région est confrontée à une épidémie de choléra, a indiqué l'agence.
Le Soudan du Sud a accédé à l'indépendance en 2011, mais a rapidement sombré dans la guerre civile et reste en proie à une extrême pauvreté et à la corruption.
Un accord de partage du pouvoir conclu en 2018 entre le président Salva Kiir et son rival de longue date, Riek Machar, est en train de s'effriter depuis le début de l'année 2025, avec des affrontements dans plusieurs régions et la crainte d'un retour à une guerre ouverte.
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