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Afrique : l’Italie mise sur la conversion de dette

Afrique : l’Italie mise sur la conversion de dette
Le Premier ministre italien Giorgia Meloni s'adresse au sommet annuel de l'Union africaine au Centre international de conventions d'Addis-Abeba, en Éthiopie, 14 février 2026.   -  
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Afrique

À l’occasion du 39ᵉ sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, la présidente du Conseil italien, Giorgia Meloni, a dévoilé un nouveau mécanisme financier destiné aux pays africains.

L’initiative vise à convertir une partie des créances italiennes en projets de développement réalisés localement, plutôt qu’en remboursements directs.

Conversion de dette et clauses climatiques

Le dispositif prévoit que certaines sommes dues à l’Italie soient réaffectées à des programmes définis conjointement avec les États bénéficiaires. Rome souhaite également intégrer, dans ses prêts bilatéraux, des clauses permettant de suspendre temporairement le remboursement en cas de catastrophes climatiques majeures. L’objectif est de donner aux pays concernés une marge budgétaire pour faire face aux urgences et financer la reconstruction.

Par ailleurs, l’Italie entend accroître sa participation aux ressources de l’Association internationale de développement (IDA), le guichet de la Banque mondiale dédié aux pays à faible revenu. Les modalités précises de mise en œuvre n’ont pas encore été détaillées.

Une première annonce chiffrée avait été faite en juin 2025 à Rome : environ 235 millions d’euros de dettes devraient être convertis en projets sur une période de dix ans. L’ambition affichée est de réduire significativement l’endettement de certains pays africains à revenu intermédiaire inférieur.

Un contexte d’endettement croissant

L’initiative intervient alors que de nombreux pays africains font face à une pression financière accrue. Au cours de la dernière décennie, l’endettement extérieur du continent a progressé plus rapidement que la croissance économique.

En 2023, le service de la dette a représenté une part importante des recettes publiques et des revenus d’exportation. La structure des créanciers a également évolué, avec une montée en puissance des acteurs privés, aux côtés des institutions multilatérales et des États. Dans ce contexte, les mécanismes internationaux de restructuration ont produit des résultats jugés limités.

Cette stratégie s’inscrit dans le cadre du Plan Mattei, programme de coopération lancé par Rome pour renforcer ses partenariats avec le continent. Doté d’une enveloppe initiale de 5,5 milliards d’euros sous forme de prêts, subventions et garanties, le plan cible notamment l’énergie, les infrastructures, l’éducation et la santé.

L’Italie cherche à consolider sa position économique en Afrique tout en sécurisant ses approvisionnements énergétiques et en contribuant au développement local. L’articulation entre conversion de dette, financements climatiques et investissements sectoriels constitue l’un des leviers de cette approche.

La portée réelle de cette offensive financière dépendra toutefois des accords conclus avec les pays partenaires et de l’impact concret des projets financés sur leurs économies.