Cameroun
À 92 ans, Paul Biya sera de nouveau candidat à la présidence du Cameroun.
L’annonce, faite tard dans la soirée du dimanche 13 juillet, a surpris une partie de la population mais a aussi renforcé le soutien d’une base fidèle. À Yaoundé, les réactions sont partagées entre fidélité, scepticisme et appel au changement.
Le président camerounais, au pouvoir depuis 1982, briguera un nouveau mandat lors de l’élection présidentielle prévue en octobre prochain. C’est par une publication sur les réseaux sociaux que la nouvelle a été rendue publique, déclenchant un flot de commentaires dans tout le pays.
Dans les rues de Yaoundé, certains citoyens n’ont pas été étonnés. Pour eux, le président incarne encore la stabilité.
« On ne peut que soutenir le président pour les élections d'octobre. Nous sommes avec lui, on va voter Paul Biya, parce que c'est le meilleur président », déclare Bernice, une habitante de Yaoundé.
« C’est normal. Nous lui avons donné tous les pouvoirs. Pour moi, il est un roi, et un roi ne démissionne pas, il ne quitte jamais le trône », ajoute Paul Martin Bengono, également résident de la capitale.
Une candidature jugée « de trop » par certains
Cependant, d’autres voix s’élèvent pour critiquer cette candidature, jugée inadaptée au regard de l’âge avancé du président et de la nécessité d’un renouveau politique.
« À son âge, Son Excellence devrait se reposer. Il a beaucoup donné au Cameroun. Mais il est temps pour un nouveau leadership. Tous les Camerounais aspirent au changement », affirme Hen François, enseignant à Yaoundé.
Ces avis traduisent une partie de la population qui attend une transition générationnelle et une nouvelle vision pour l’avenir du pays.
Du côté de l’opposition, la nouvelle candidature ne suscite pas de panique. Mais certains s’interrogent sur la manière dont elle a été communiquée.
« Il est surprenant qu’une telle annonce soit faite via Facebook. Un discours officiel ou une vidéo aurait été plus rassurante quant à sa capacité réelle à gouverner », commente Beranger Simo, partisan de l’opposition.
Une course contre la montre pour les autres candidats
Les prétendants à la magistrature suprême n’ont désormais que huit jours pour déposer officiellement leurs candidatures. L’annonce du président Biya, bien que tardive, rebat les cartes et impose un rythme soutenu à l’ensemble du paysage politique.
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