Sud-Soudan
L'ONU a mis en garde vendredi contre une augmentation des violations des droits humains au Darfour, dans l'ouest du Soudan, après l'intensification des combats au septième mois de la guerre entre l'armée et les paramilitaires.
"Plus de 800 personnes auraient été tuées par des groupes armés à Ardamata, au Darfour-Ouest, une zone jusqu'ici moins touchée par le conflit", a indiqué l'agence de l'ONU pour les réfugiés (HCR), dans un communiqué.
Un porte-parole de l'organisation à Genève, William Spindler, a ensuite précisé lors d'un point de presse que ces personnes auraient été tuées "au cours des derniers jours".
Ardamata abritait également un camp pour les personnes déplacées à l'intérieur du Soudan, où près de 100 abris ont été rasés, selon le HCR. Par ailleurs, de nombreux pillages – notamment des articles de secours de l'organisation – ont eu lieu dans la région.
"Il y a vingt ans, le monde était choqué par les terribles atrocités et violations des droits humains au Darfour. Nous craignons qu'une dynamique similaire ne se développe", a déclaré le Haut Commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Filippo Grandi, dans un communiqué.
"La fin immédiate des combats et le respect inconditionnel de la population civile par toutes les parties sont essentiels pour éviter une nouvelle catastrophe", a-t-il ajouté.
Le HCR se dit profondément alarmé par les informations faisant état de violences sexuelles, de torture, d'assassinats arbitraires, de civils extorqués et de groupes ethniques ciblés, ainsi que par des informations selon lesquelles des milliers de personnes déplacées ont dû fuir un camp à El-Geneina.
L'organisation se prépare à un nouvel afflux de réfugiés au Tchad.
Déjà, indique-t-elle, "ceux qui ont réussi à fuir les frontières arrivent en grand nombre", précisant que "plus de 8.000 personnes ont fui vers le Tchad voisin rien qu'au cours de la semaine dernière – un chiffre probablement sous-estimé en raison des difficultés d'enregistrement des nouveaux arrivants".
Déclenchée le 15 avril, la guerre entre l'armée et les FSR du général Mohamed Hamdane Daglo a fait plus de 9.000 morts selon une estimation de l'ONG Armed Conflict Location & Event Data Project (Acled), considérée comme très largement sous-estimée.
Elle a aussi détruit la plupart des infrastructures et déplacé plus de 4,8 millions de personnes à l'intérieur du Soudan et 1,2 million vers les pays voisins, selon le HCR.
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