Bénin
La campagne électorale s’est ouverte au Bénin, à moins de trois mois de la présidentielle. Le vendredi 15 janvier, le président sortant Patrice Talon s’est officiellement lancé dans la course, alors qu’il avait déclaré n’être candidat qu’a un seul mandat.
Le chef de l’État souhaite renforcer la bonne gouvernance, qui aurait selon lui permis au pays d’acquérir des richesses. "La bonne gouvernance nous a permis d'avoir des richesses pour commencer à construire sérieusement notre pays, ce que la démocratie n'a pas amené, ce que les libertés n'ont pas suffi à amener", a-t-il déclaré à la presse.
Cette candidature n’est toutefois pas une surprise pour l’opposition, qui dénonce un tournant autoritaire depuis 2016. Le président est accusé d’avoir fait éloigner ses adversaires avec la création d’un tribunal spécial.
Sebastien Ajavon, arrivé troisième en 2016, a depuis été condamné à 20 ans de prison pour trafic de drogue. Cette condamnation a été jugée illégale par la Cour africaine des droits de l'Homme (CADH), saisie par l'opposant en exil à Paris, mais le Bénin refuse de l'annuler. "Nous savions depuis longtemps que M. Talon serait candidat. Il n'a pas fait tout ce qu'il a fait pour ne pas se porter candidat", a réagi lundi auprès de l'AFP, Donklam Abalo porte-parole de l'Union Sociale libérale (USL).
Le scrutin serait également verrouillé par une révision de la Constitution. Tout candidat doit être parrainé par 16 députés ou maires. Or, l’opposition ne dispose que de six maires alors que les dernières législatives se sont déroulés sans adversaires du parti au pouvoir."Si le président peut se présenter candidat, il doit nous permettre nous aussi de nous présenter à cette élection", poursuit Donklam Abalo.
En décembre dernier, la CADH a rendu un nouvel arrêt contre l'État béninois ordonnant l'annulation de la récente révision constitutionnelle, mais celui-ci n'a pas été appliqué. Début janvier, la Cour constitutionnelle du Benin s’est déclaré incompétente pour un recours contre le système de parrainage.
Le Front pour la Restauration de la Démocratie, coalition de l'opposition menée par l'universitaire Joel Aivo, aura fort à faire pour se présenter au scrutin du 11 avril.
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