Maroc
La campagne pour les législatives du 23 septembre débute jeudi au Maroc. La coalition dirigée par le RNI d’Aziz Akhannouch joue son maintien au pouvoir dans un contexte marqué par les inégalités sociales, le chômage des jeunes et une défiance croissante envers la classe politique.
Les partis marocains ont lancé leur campagne, notamment sur les réseaux sociaux, pour tenter de mobiliser les électeurs et défendre leurs programmes. Les disparités économiques et territoriales devraient figurer au cœur des débats, alors que le chômage frappe particulièrement les jeunes et que le roi Mohammed VI a lui-même dénoncé le développement « à deux vitesses » du royaume.
Cette question a resurgi avec force fin juillet, lorsque des dizaines de milliers de migrants, majoritairement marocains, ont afflué vers l’enclave espagnole de Ceuta. Elle avait déjà nourri le mécontentement d’une partie de la jeunesse, notamment lors des mobilisations du collectif GenZ 212, dont le premier anniversaire interviendra quatre jours après le scrutin.
Une jeunesse peu présente dans les urnes
Les formations politiques cherchent à capitaliser sur ce malaise, malgré une forte désaffection électorale chez les plus jeunes. Les 18-24 ans ne représentent ainsi qu’environ 3 % des électeurs inscrits. Au total, près de 16 millions de Marocains, dont 46 % de femmes, sont appelés à voter le 23 septembre.
Dans l’opposition, le Parti de la justice et du développement (PJD), formation islamiste conservatrice dirigée par l’ancien chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, entend faire de la lutte contre la corruption un axe majeur de sa campagne. Le parti cherche ainsi à retrouver une place centrale après son lourd revers lors des législatives de 2021.
Les promesses économiques et sociales se multiplient à l’approche du scrutin. Le site d’information Le360 évoque des « promesses financières » particulièrement ambitieuses, tout en soulignant le manque de précisions sur leur financement. Dans l’hebdomadaire TelQuel, le politologue Abdellah Tourabi déplore, lui, une campagne dépourvue de véritable débat, qu’il assimile à un « concours de notables ».
Le RNI tente de défendre son bilan
Le scrutin constitue d’abord un test pour le Rassemblement national des indépendants (RNI), arrivé en tête en 2021 et actuellement au pouvoir. La formation ambitionne de conserver la première place et d’obtenir un nouveau mandat à la tête du gouvernement, malgré le retrait d’Aziz Akhannouch de la direction du parti.
Le vote permettra surtout de mesurer le bilan de cinq années de gouvernement conduit par l’homme d’affaires, dans un contexte où les attentes sociales demeurent élevées.
Le Parti authenticité et modernité (PAM) apparaît comme l’un des principaux rivaux du RNI. Parmi ses figures les plus visibles : Fouzi Lekjaa, ministre chargé du Budget et président de la Fédération royale marocaine de football, dont l’influence politique s’est renforcée à la faveur de la préparation du Mondial 2030, organisé conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal.
L’Istiqlal (PI), formation historique disposant d’un important ancrage territorial, vise également la première place. Il cherche à s’imposer dans une compétition où la rivalité entre le RNI et le PAM domine largement le paysage.
Au Maroc, le chef du gouvernement est nommé par le roi parmi les membres du parti arrivé en tête des élections législatives. Il est ensuite chargé de former un exécutif pour cinq ans. Si le gouvernement dispose de compétences importantes, le monarque conserve toutefois la maîtrise des grandes orientations stratégiques du pays.
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