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Libye : quinze ans après Kadhafi, un pays toujours divisé

Libye : quinze ans après Kadhafi, un pays toujours divisé
Mouammar Kadhafi brandit une copie déchirée de la Charte de l’ONU lors de l’Assemblée générale, le 23 septembre 2009.   -  
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Richard Drew/AP2009

Libye

Quinze ans après la chute de Mouammar Kadhafi, la Libye reste profondément fragmentée. Les espoirs de stabilité nés de la révolution de 2011 ont laissé place à une longue crise politique, institutionnelle et sécuritaire, entretenue par la coexistence de deux pôles de pouvoir rivaux.

Les dernières violences illustrent cette fragilité. Dans l’est du pays, le général al-Mansouri, responsable du renseignement du camp du maréchal Khalifa Haftar, a été assassiné. Dans l’ouest, des attaques de drones ont visé des infrastructures énergétiques stratégiques à Zawiya.

Une division devenue difficile à dépasser

La transition politique n’a pas permis de réunifier le pays. Les élections générales attendues fin 2023 n’ont jamais été organisées et, au fil des années, les différents camps ont consolidé leur influence.

Administrations, groupes armés, réseaux économiques et responsables locaux ont développé leurs propres intérêts. Une réunification de l’État supposerait désormais de redistribuer le pouvoir, les ressources et les positions acquises.

Dans le même temps, les partis politiques, nombreux après la révolution de 2011, ont perdu de leur influence. Plusieurs personnalités et cadres qualifiés se tiennent également à distance d’une scène politique marquée par les rivalités et l’instabilité.

Le pétrole entretient une interdépendance

L’économie pétrolière illustre le paradoxe libyen. Une grande partie de la production provient de territoires contrôlés par le camp de Khalifa Haftar, alors que les principales institutions chargées de gérer les revenus sont installées à Tripoli.

Malgré leur rivalité, les deux camps restent donc économiquement dépendants l’un de l’autre. Le partage des revenus pétroliers permet au système de continuer à fonctionner sans véritable réunification politique.

Quinze ans après la révolution, cette situation contribue à maintenir un statu quo dont plusieurs acteurs tirent profit. Pour la population libyenne, elle éloigne toujours davantage la perspective d’un État unifié, stable et capable de répondre aux aspirations nées en 2011.

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