Rwanda
Le Rwanda s'efforce de protéger les terres agricoles dans le pays le plus densément peuplé d'Afrique. Et pour cause, les terres cultivables sont de plus en plus menacées par l’essor des projets immobiliers dans la capitale rwandaise.
Mukarusini Kurisikira, âgée de 84 ans, était agricultrice avant de fuir le pays pour se réfugier au Congo lors du génocide rwandais de 1994.
À son retour, raconte-t-elle, les terres de sa famille, qui s'étendaient sur les collines, avaient été confisquées pour la construction. Elle a fait un geste en direction des gratte-ciels de Kigali.
''À cause des chantiers de construction, la seule terre qui me reste pour subvenir à mes besoins, c'est cette petite parcelle que vous voyez ici. Mais avant le génocide, c'était l'un de mes enfants qui cultivait cette petite parcelle.'', raconte l'octogénaire.
Face à la donne, le pays innove. Christian Irakoze a cofondé une entreprise locale, Eza Neza (« pousse bien »), qui installe des fermes verticales en milieu urbain.
''L’agriculture verticale permet de rapprocher l’agriculture des gens, ce qui les met davantage en contact avec la nourriture. Ainsi, ils peuvent la pratiquer chez eux, ils peuvent la pratiquer sur leur lieu de travail. C'est une façon différente d'envisager l'agriculture : on passe des grandes exploitations traditionnelles de l'arrière-pays à quelque chose de plus petit mais modulaire, que n'importe qui peut vraiment, vraiment pratiquer.’’, explique-t-il.
Dans cette quête de résilience, à Kigali, un groupe de jeunes agronomes forme des agriculteurs à l’adoption de technologies telles que la culture hydroponique pour maximiser la productivité, en utilisant de l’eau à la place de la terre.
'' La population augmente, mais nos terres, elles, ne s’étendent pas. C’est pourquoi, chez HORECO (Horticulture in Reality Corporation), nous veillons à trouver des solutions qui aident les agriculteurs à surmonter ce problème et à produire davantage. Nous les encourageons notamment à se lancer dans l’agriculture verticale et la culture hydroponique. Heureusement, les agriculteurs, en particulier dans les zones urbaines, ont adopté ces pratiques.'', Richard Bucyana, agronome.
Depuis septembre, le gouvernement rwandais cartographie les terres agricoles. La spoliation de ces espaces expose à des amendes pouvant aller jusqu’à 3 000 dollars et à des peines d’emprisonnement.
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