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RDC : des communautés locales protègent leurs forêts face aux conflits fonciers

Le parc national des Virunga, dans la province du Nord-Kivu, au Congo, le 11 décembre 2016   -  
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Juergen Baetz/dpa via AP

République démocratique du Congo

La RDC compte 150 millions d’hectares de forêts, essentielles pour le climat, mais ces ressources font l’objet de tensions entre communautés locales et investisseurs, notamment pour des concessions destinées aux marchés de compensation carbone.

Après plusieurs années de tensions, les habitants du village de Romée et de la communauté de Yainyongo se retrouvent confrontés à la fois aux pressions des entreprises forestières et aux conflits intercommunautaires liés à l’accès aux terres et aux ressources forestières.

« Le conflit avait peu d’ampleur auparavant. Il est devenu plus grave et davantage médiatisé lorsqu’une entreprise appelée Cap Congo est venue acheter la forêt, ce qui signifie que désormais, si nous revenons, nous n’aurons nulle part où cultiver. Nous avons l’impression que c’est cette entreprise qui a instrumentalisé les populations locales pour qu’elles s’entretuent, tandis qu’elle-même tire profit de la forêt », témoigne Henry, déplacé par un conflit intercommunautaire.

Au bout de quatre années de démarches administratives, la communauté de Yainyongo, comprenant le village de Romée, a obtenu en 2023 deux titres officiels de concession, protégeant 11.000 hectares dans la province de la Tshopo.

Selon Jérôme Bitilaongi, ancien du village de Romée : « Les concessionnaires arrivaient de toutes parts pour envahir notre forêt et la prendre par la force. Ceux qui avaient des appuis à l’extérieur venaient à tout moment menacer notre forêt. Et la deuxième chose, c’est le conflit que nous avons récemment connu ici, le conflit Mbole–Lengola. C’était un conflit qui a failli déchirer notre communauté. »

Dieumerci Asumani, directeur du centre de recherche INERA, rappelle le cadre légal : « Le code forestier stipule que la communauté est responsable d’une portion de terrain. L’État congolais a constaté que son approche ne fonctionnait pas bien, c’est-à-dire l’approche fondée sur des cahiers des charges, les droits coutumiers, et ainsi de suite. Avec la présence à la fois d’exploitants forestiers industriels et de petite échelle, cela ne fonctionnait toujours pas, et l’État a décidé d’accorder à la communauté la gestion indéfinie de la forêt. »

Malgré ce mécanisme de foresterie communautaire, le chevauchement des concessions et des terres entraîne des conflits. En 2025, Yainyongo a été affectée par un conflit déclenché par l’attribution d’une concession à une société libanaise sur des terres disputées entre les Mbole et les Lengola. « Comme les blancs venaient toujours me voir, les gens ont raconté que c’est moi qui avais vendu la forêt », raconte Jérôme Bitilaongi, doyen du village. Des miliciens armés ont pris pour cible ses biens et du bétail. L’intervention des autorités et des médiations communautaires a permis de rétablir une paix fragile, mais les responsables des violences restent en liberté.

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