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Soudan du Sud : des civils pris pour cibles dans les tirs

Un homme blessé par balle à la jambe est transporté sur une civière à l'hôpital militaire de Juba, au Soudan du Sud, le 28 décembre 2013   -  
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Sud-Soudan

Une balle dans la jambe, un bébé de 18 mois gît sur un lit d’hôpital délabré à Akobo. Sa mère a été tuée par le même tir. Autour de lui, les murs sans portes ni fenêtres témoignent de l’urgence et du manque de moyens. Sa grand-mère raconte : « Les forces du régime ont commencé à tirer sur tout le monde : les vieux, les enfants et les mères. Nous avons fui, mais ils continuaient à nous tirer dessus. »

L’infirmier en chef de l’hôpital, Nhial Bih, décrit l’ampleur des attaques : « Nous avons quatre patients qui étaient chez eux lorsqu’ils ont été bombardés. Ils n’étaient pas au front. Comme cette mère et ces garçons : les forces gouvernementales sont venues à leur domicile et ont ouvert le feu. »

Dans cette région, les civils paient un lourd tribut. Selon l’Unicef, plus de 280 000 personnes ont été déplacées depuis décembre, la moitié étant des enfants. Beaucoup ont déjà fui plusieurs fois, traqués par les tirs des belligérants.

À l’hôpital, le personnel tente de soigner les blessés avec des moyens limités. Un seul chirurgien est disponible pour des dizaines de patients. David Tor, directeur par intérim à Bor, raconte : « Nous recevons des personnes qui ont été touchées à leur domicile ou lors de déplacements. Nos stocks s’épuisent, et nous craignons pour la vie de certains patients. »

Pour les habitants, la vie quotidienne est devenue un champ de mines. Les mères glanent fruits et graines pour nourrir leurs enfants. Dans les camps improvisés au bord du Nil Blanc, les plus jeunes restent exposés aux maladies et à la faim.

La ministre de l’Information du Jonglei, Nyamar Lony Thichot Ngundeng, insiste : « Si quelqu’un est blessé lors de tirs croisés, ce n’est pas intentionnel. Nous appelons les civils à rester à l’écart pour leur sécurité. » Mais sur le terrain, ces consignes peinent à protéger ceux qui restent piégés entre les forces en conflit.

Le Soudan du Sud, plus jeune pays du monde, semble pris dans une spirale où chaque village peut devenir une cible, et chaque famille, une victime. Les balles, elles, continuent de faucher des vies innocentes.

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