Zimbabwe
Alors qu’il recevait jeudi le président iranien à Harare, Emmerson Mnangagwa a appelé à l’union des pays sous sanctions occidentales.
Le Zimbabwe croule en effet sous le poids des restrictions imposées par l’occident depuis 20 ans. L'Iran n'est pas logé à la meilleure des enseignes.
"Il est essentiel que nous, les deux victimes des sanctions occidentales, nous nous parlions. Les auteurs de ces sanctions ne voudraient pas que nous nous parlions, mais parce que nous sommes tous deux des victimes, il est essentiel que nous leur montrions que nous sommes unis.", a déclaré le président zimbabwéen.
Une entente entre victimes matérialisée par la signature de divers accords entre Téhéran et Harare. Des mémorandums que le président zimbabwéen promet de respecter scrupuleusement.
"Nous avons signé un nombre record de 12 MoU (mémorandums d'accord, ndlr), je n'ai aucun doute et je vous assure, mon cher frère, que de notre côté, en tant que Zimbabwe, nous suivrons religieusement ces MoU", a promis Emmerson Mnangagwa.
Ces projets aideront le Zimbabwe à accéder à l'innovation et à la technologie iraniennes et envisagent la création d'une usine de tracteurs pour soutenir la mécanisation de l'agriculture, a-t-il précisé.
L'Iran a intensifié son activité diplomatique ces derniers mois afin de réduire son isolement international et compenser l'impact des sanctions réimposées après le retrait des Etats-Unis, en 2018, d'un accord nucléaire négocié à grand-peine.
L'Afrique fait l'objet d'offensives diplomatiques de nombreuses puissances à travers la planète, qui cherchent aussi à approfondir leurs relations économiques et commerciales avec le continent.
La Russie et l'Occident notamment essaient d'attirer les soutiens après l'invasion de l'Ukraine par Moscou, qui a eu un impact économique dévastateur sur le continent, faisant grimper en flèche les prix des denrées alimentaires.
Selon le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères Nasser Kanani, Téhéran et les trois pays africains visités par Ebrahim Raïssi partagent "des vues politiques communes" et la tournée du président iranien, accompagné de plusieurs entrepreneurs, marque "un nouveau tournant" qui pourrait renforcer les liens économiques et commerciaux avec les nations africaines.
La visite du président iranien au Zimbabwe intervient à quelques semaines de la présidentielle du 23 aout. Emmerson Mnangagwa 80 ans, est candidat à sa propre succession.
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