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Ethiopie : les forces du TPLF "auraient tué 125 villageois" en Amhara

Ethiopie : les forces du TPLF "auraient tué 125 villageois" en Amhara
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YASUYOSHI CHIBA/AFP or licensors -

Ethiopie

Les rebelles du Tigré, région éthiopienne en guerre, ont tué au moins 125 habitants d'un village de la région voisine d'Amhara au début du mois avant d'être chassés par les forces pro-gouvernementales, ont indiqué mercredi des médecins.

"Il y avait 125 morts dans le village de Chenna... J'ai vu le charnier moi-même", a déclaré à l'AFP Mulugeta Melesa, directeur de l'hôpital de la ville voisine de Dabat. Il a ajouté que les habitants "cherchaient encore des cadavres dans la région et que le décompte se poursuivait".

Le nord de l'Éthiopie est en proie à un conflit depuis novembre, lorsque le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé des troupes dans le Tigré pour renverser le parti régional au pouvoir, le Front populaire de libération du Tigré, en réponse, selon lui, aux attaques du TPLF contre des camps de l'armée. Bien que le lauréat du prix Nobel de la paix 2019 ait juré une victoire rapide, les combats se sont éternisés pendant des mois, avec une myriade de rapports faisant état de massacres et d'autres violations des droits.En juin, dans un étonnant retournement de situation dans le conflit,le TPLF a repris Mekele, la capitale du Tigré, et les forces fédérales se sont largement retirées.

Depuis lors, le TPLF a lancé des offensives dans les régions voisines d'Amhara et d'Afar, déplaçant des centaines de milliers de personnes et suscitant des allégations d'exécutions sommaires et de bombardements aveugles.

Le TPLF a nié ces accusations, insistant sur le fait qu'il tente simplement de briser ce qu'il décrit comme un blocus humanitaire sur le Tigré et d'empêcher les forces pro-gouvernementales de se regrouper.

Les responsables du TPLF n'ont pas pu être joints pour tout commentaire mercredi.

Blessures par balles

Les habitants de Chenna ont indiqué que le TPLF contrôlait le village fin août avant que des combats contre les troupes pro-gouvernementales n'éclatent début septembre, a déclaré mercredi à l'AFP Sewunet Wubalem, administrateur du district de Dabat.

Les rebelles ont ensuite abattu des civils pendant plusieurs jours au début du mois de septembre avant de battre en retraite, a-t-il ajouté. Chenna est située à environ 25 kilomètres au nord-ouest de Dabat. Au moins une partie des blessés ont été transportés à l'hôpital universitaire de la ville de Gondar.

"Les cadavres n'arrivent pas ici mais il y a des civils blessés ici", a déclaré Ashenafi Tazebew, le vice-président de l'hôpital de Gondar.

"Nous avons reçu près de 35, 36 civils mais je ne suis pas sûr qu'ils soient tous issus du massacre de Chenna. La plupart d'entre eux ont des blessures par balle", a-t-il déclaré. "Certains d'entre eux, leurs familles sont déjà mortes et ils demandent à aller aux funérailles" même s'ils ont besoin de soins, a-t-il ajouté.

Des points de contrôle étouffants

La guerre qui sévit depuis dix mois dans le nord de l'Éthiopie a déjà causé d'immenses souffrances humaines dans le Tigré et au-delà. Les responsables des Nations unies ont prévenu que 400 000 personnes étaient confrontées à des conditions proches de la famine.

Les dirigeants du Tigré ont déclaré lundi que 150 personnes sont mortes de faim en août et ont averti qu'un million de personnes "risquent de connaître une famine mortelle si on leur interdit de recevoir une aide vitale dans les prochains jours". Ces chiffres n'ont pas pu être vérifiés de manière indépendante.

Le TPLF a accusé le gouvernement d'Abiy d'imposer un blocus de l'aide depuis lors, et les Nations unies, l'Union africaine et les puissances mondiales comme les États-Unis ont demandé à plusieurs reprises un accès humanitaire élargi. Lors d'un point de presse lundi, le ministre éthiopien de la paix, Muferiat Kamil, a toutefois réitéré la position du gouvernement selon laquelle le TPLF est responsable de l'obstruction des livraisons d'aide.

"C'est le TPLF qui bloque les postes de contrôle et le couloir humanitaire, ce n'est pas nous", a-t-elle déclaré.

Le Programme alimentaire mondial a salué mardi l'arrivée de plus de 100 camions transportant de la nourriture et d'autres aides dans le Tigré, le premier convoi de ce type à arriver en deux semaines. Les responsables de l'aide ont répété à plusieurs reprises que 100 camions devraient atteindre la région chaque jour pour répondre aux besoins massifs sur le terrain.

"Bien que nous n'ayons pas encore été en mesure de vérifier de manière indépendante les décès liés à la faim, nous avons reçu des rapports non confirmés de décès dans les sites de déplacement et nous sommes gravement préoccupés par la situation de danger de mort à laquelle sont confrontés des millions de personnes dans le Tigré et les régions voisines", a déclaré mercredi à l'AFP Saviano Abreu, un porte-parole du bureau de coordination humanitaire des Nations unies.

"Il est extrêmement préoccupant que certaines fournitures n'aient pas pu entrer du tout, notamment le carburant, sans lequel nous ne pouvons pas poursuivre nos opérations", a déclaré M. Abreu. Il a appelé à un accès sans entrave et a prévenu que "les conséquences de l'inaction sont insoupçonnables".

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