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Éthiopie : ce qu'a fait le Premier ministre Abiy Ahmed en une année

Éthiopie : ce qu'a fait le Premier ministre Abiy Ahmed en une année

Ethiopie

Libération des prisonniers, fin des conflits avec les pays voisins, processus de réconciliation,…. Nommé premier ministre en avril 2018, Abiy Ahmed n’a eu besoin que d’une année pour réorienter l‘Éthiopie vers de nouveaux horizons. Flashback.

Il y a un an, jour pour jour, l’humanité assistait à la recomposition de l’univers politique en Éthiopie. Le pays nommait un nouveau Premier ministre : Abiy Ahmed.

Un Abiy Ahmed qui a pris ses fonctions à la tête de l’exécutif éthiopien le 2 avril 2018 après la démission de Hailemariam Desalegn. Lui qui a sans doute été emporté par des manifestations antigouvernementales qui secouaient depuis 2015 le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique (près de 100 millions d’habitants) après le Nigeria.

« Le Premier ministre a déclaré qu’il avait fait de son mieux pour résoudre la crise dans son pays et qu’il démissionnait maintenant pour faire partie d’une solution », annonçait en février, la radio d’État Fana Broadcasting.

La crise, c’est beaucoup l’ensemble des manifestations menées par les Qeerroo, des jeunes de la région de l’Oromia réclamant au gouvernement dirigé par le Front démocratique révolutionnaire populaire éthiopien (EPRDF), davantage de liberté politique et une plus grande représentation ethnique dans les structures fédérales. Ce, malgré des mesures de décrispation dont la libération de prisonniers et la levée partielle de l‘état d’urgence.

Deus ex machina

Alors que de nombreux observateurs redoutaient l‘éclatement de ce pays à l’immense patrimoine culturel, touristique et historique, Abiy Ahmed, natif de l’Oromia va vite apparaître comme un deus ex machina.

En août, Addis-Abeba signe l’historique accord de paix avec le Front de libération du peuple oromo (FLO), un groupe armé sécessionniste. Actif depuis les années 1970, le FLO était classé dans la liste des organisations terroristes.

Dans le même sillage de décrispation du climat politique, un accord similaire a été conclu en janvier 2019, avec une autre rébellion : le Front national de libération de l’Ogaden (FNLO). Fondé en 1984 pour l’indépendance de l’Ogaden, une région du sud-est de l‘Éthiopie, peuplée d’ethnies somaliennes en raison de sa situation à la frontière avec cet autre pays de la Corne de l’Afrique, le FNLO faisait lui aussi partie des organisations terroristes identifées par le gouvernement éthiopien.

Et pour couronner le tout, Abiy Ahmed met en place un processus électoral consensuel, donc rassurant. En nommant une opposante présidente de la commission électorale et en réunissant tous les partis politiques et organisations de la société civile pour signer un code de bonne conduite pour des élections générales transparentes, justes et équitables en 2020.

L’aspect genre n’a pas été mis à l’index. C’est en effet pour la première fois que L‘Éthiopie se dote d’un gouvernement respectant la parité effective : 10 hommes et 10 femmes dont certaines occupent des postes clés comme la Défense.

Malgré ces réformes, le règne d’Ahmed a été lui aussi secoué par des violences ethniques. Le cas de celles qui opposent les Oromos aux Somalis. Un conflit que la commission de réconciliation nationale mise en place en septembre peine jusqu’ici à endiguer en dépit d’une sorte de répit constaté par des observateurs.

Faiseur de paix dans la Corne de l’Afrique

Et si l‘Éthiopie était plombée par une crise politique aigue en son sein, le pays avait des relations orageuses avec ses voisins. Et le geste diplomatique reste (et probablement restera) toujours la très rapide normalisation des relations avec l‘Érythrée. Laquelle normalisation commença en juillet 2018 pour se concrétiser par des actes comme la réouverture des frontières, la réouverture des ambassades et la signature de l’accord de paix à Djeddah en mi-septembre.

L‘Érythrée ayant acquis son indépendance vis-à-vis d’Addis-Abeba en 1991, fut reconnue en 1993 par l’ONU. Mais une reconnaissance mal digérée par l‘Éthiopie. Au point que les deux voisins bien qu’ayant tout ou presque en commun, en vinrent à l’affrontement de 1998 à 2000. Et depuis des années, ils se regardaient en chiens de faïence.

Ce succès va doper le dynamisme diplomatique du leader de 42 ans. Des accords similaires vont être conclus avec tous les voisins de la Corne de l’Afrique : Djibouti, Somalie. Et sous son impulsion tous ces pays vont accepter de fumer le calumet de la paix. Ainsi qu’en témoigne le sommet tripartite de novembre dernier à Asmara en Érythrée entre les dirigeants somalien, éthiopien et érythréen.

Ainsi, s’il est trop tôt de parler de réussite, Abiy Ahmed a tout de même marqué d’une empreinte ineffaçable ses 365 premiers jours en tant que Premier ministre d‘Éthiopie. Si bien qu’il est aujourd’hui unaniment salué aussi bien dans son pays qu‘à l‘étranger, comme le grand pacificateur de la Corne de l’Afrique.

« Si Abiy Ahmed ne fait guère plus de figure de messie de la démocratie, il reste néanmoins la meilleure chance de l`Ethiopie pour éviter un scénario à la yougoslave dans un Empire ou les rivalités ethno-politiques se traduisent par des épurations ethniques jamais vue depuis 1991 », écrivait en mars dernier un anonyme sur Twitter.

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