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Soudan du Sud : la menace d’Ebola se rapproche de la frontière

Des professionnels de santé animent une session de formation sur le virus Ebola, près de Yei, au Soudan du Sud, le 26 février 2019   -  
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Sud-Soudan

Le Soudan du Sud renforce sa surveillance face au risque de propagation de l’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo.

À la frontière entre les deux pays, des équipes de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), soutenues par la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (UNMISS), contrôlent les voyageurs et sensibilisent les communautés.

Les autorités sanitaires cherchent notamment à détecter rapidement d’éventuels cas parmi les personnes qui franchissent la frontière.

"Notre objectif est de nous assurer que toute personne venant de RDC est contrôlée et que toute personne qui quitte le pays l’est également", explique Brian Assimwe, épidémiologiste à l’OMS.

Un risque élevé de propagation

Selon une étude de modélisation publiée dans la revue médicale The Lancet et citée par Euronews, le risque que l’épidémie atteigne le Soudan du Sud est estimé à 70 %.

L’épidémie en cours a déjà dépassé 1 000 cas confirmés et fait plus de 260 morts en République démocratique du Congo. La souche en circulation, le virus Ebola Bundibugyo, a également atteint l’Ouganda, où des cas et des décès ont été enregistrés.

Le Soudan du Sud est considéré comme particulièrement vulnérable en raison des faiblesses de son système de santé. Les chercheurs pointent notamment des capacités limitées en matière de prise en charge des malades, de traçage des contacts, d’inhumations sécurisées et de surveillance aux frontières.

Sensibiliser les populations

Dans les zones frontalières, les équipes sanitaires multiplient donc les actions de prévention. Une mission d’autant plus importante que certains habitants disposent encore de peu d’informations sur la maladie.

"Nous entendons simplement dire qu’il y a une maladie. Mais pour l’instant, elle n’est pas encore arrivée ici", témoigne Lilly John, une habitante de la ville d’Ezo.

Les professionnels de santé insistent également sur la nécessité d’expliquer aux communautés les gestes permettant de limiter les risques de transmission.

En l’absence de vaccin contre la souche Bundibugyo, les chercheurs recommandent aux pays voisins de renforcer dès maintenant la surveillance aux frontières, le traçage des contacts, la prévention des infections et les pratiques d’inhumation sécurisées.

Le Rwanda et le Burundi sont également exposés, mais leur risque est considéré comme plus faible que celui du Soudan du Sud.

Dans un pays déjà fragilisé par les conflits, les déplacements de population et un accès limité aux soins, le renforcement de la préparation sanitaire apparaît désormais comme une priorité pour empêcher l’épidémie de franchir davantage de frontières.

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