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Côte d'Ivoire : le manque à gagner des producteurs de noix de cajou

Côte d'Ivoire : le manque à gagner des producteurs de noix de cajou
Une femme casse des noix de cajou brutes dans une usine de transformation de noix de cajou dans la ville de Bouaké, dans le centre de la Côte d'Ivoire, le 24 mai 2018.   -  
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Côte d'Ivoire

Les trois millions d'agriculteurs africains qui produisent la moitié des noix de cajou dans le monde ne touchent qu'une petite partie de la valeur ajoutée de ce marché en pleine croissance, faute d'une industrie de transformation, selon l'Agence de l'Onu pour le développement.

En 20 ans, la production et le commerce mondial de noix de cajou ont plus que doublé, du fait de l'appétit des pays occidentaux et asiatiques, mais 90% de la production africaine est exportée brute, souligne un rapport de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (Cnuced). La production mondiale est passée de 1,5 à 3,9 millions de tonnes de 2000 à 2018, et le commerce mondial de 0,9 à 2,1 millions de tonnes, selon la Cnuced.

La Côte d'Ivoire a revendiqué la place de premier producteur et exportateur mondial en 2020 avec près de 850 000 tonnes, selon son gouvernement. Environ 250 000 agriculteurs cultivent l'anacarde dans ce pays d'Afrique de l'Ouest, mais le secteur emploie au total deux millions de personnes directement ou indirectement.Cependant, moins de 15% des noix produites dans les 20 pays africains qui en cultivent sont décortiquées sur le continent. C'est en Asie (essentiellement en Inde et au Vietnam) qu'est décortiquée 85% de la production mondiale.

C'est en Europe et en Amérique du Nord que réside l'essentiel de la valeur ajoutée de la filière, avec 60% des noix commercialisées torréfiées, salées, emballées et consommées en accompagnement d’apéritifs ou incorporées dans une boisson, une barre nutritive ou dans d’autres produits. L'amande de la noix de cajou est aussi utilisée dans les cosmétiques, et la résine contenue dans sa coque se prête à divers usages industriels.

"Les agriculteurs et les exportateurs africains n'obtiennent qu'une fraction du prix de détail final", regrette la Cnuced. Une situation qui rappelle celles d'autres productions africaines, comme le cacao. En 2018, le prix à l'exportation des noix de cajou décortiquées de l'Inde vers l'Union européenne (UE) était 3,5 fois plus élevé que celui payé aux producteurs ivoiriens de noix brute. Après une deuxième étape de transformation dans l’UE, le prix des noix de cajou était encore multiplié par 2,5 fois. Soit un prix au final 8,5 fois plus élevé en magasin en Europe qu’à la sortie de la ferme en Côte d’Ivoire.

"Cela montre le potentiel de création de valeur ajoutée pour les pays africains producteurs de noix de cajou, dont 14 sont classés parmi les pays les moins avancés. La production ayant généralement lieu dans les petites exploitations des zones rurales, il existe un lien direct entre la valeur ajoutée dans le secteur de la noix de cajou et la réduction de la pauvreté", estime la Cnuced.

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