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Le journaliste zimbabwéen Hopewell Chin'Ono de nouveau libre

Le journaliste zimbabwéen Hopewell Chin'ono à son domicile à Harare le 21 novembre 2020, un jour après sa libération sous caution de la prison de Chikurubi   -  
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JEKESAI NJIKIZANA/AFP or licensors

Zimbabwe

Le journaliste zimbabwéen Hopewell Chin'Ono a recouvré la liberté ce vendredi, après 17 jours à la prison de haute sécurité de Chikirubi, dans la section réservée aux condamnés à mort.

C’est une publication sur les réseaux sociaux qui lui a valu ce deuxième séjour derrière les barreaux.

Fin octobre, le journaliste d'investigation avait publié un tweet dénonçant l’intervention du gouvernement auprès de magistrats enquêtant sur une affaire de contrebande.

"Le régime Mnangagwa ne veut pas que la corruption soit exposée comme elle devrait l'être. A chaque fois que vous parlez du pillage de fonds publics et des ressources nationales, et que cela implique la famille du président, vous êtes arrêté."

Le 20 juillet, des policiers avaient fracassé la baie vitrée de sa salle à manger pour l'arrêter. Une intervention qu’il avait filmé en direct sur son téléphone.

Les autorités l'accusaient alors d'avoir incité "à la violence publique" pour avoir relayé des appels à manifester contre la corruption d'Etat.

Ces manifestations n'ont jamais eu lieu, le président Emmerson Mnangagwa ayant imposé un couvre-feu, déployé policiers et soldats sur des barrages routiers, dans le cadre du confinement.

Un mois avant son arrestation, un haut responsable du parti au pouvoir (ZANU), Patrick Chinamasa, dénonçait "les attaques systématiques" contre "l'intégrité de la famille" du président "par des personnages sans scrupules tels que Hopewell Chin'ono".

Réseaux sociaux

A cette époque, le reporter plusieurs fois primé enquêtait sur une affaire de corruption présumée autour d'achats par le gouvernement de matériel de protection et de tests Covid19, qui a abouti à la démission du ministre de la Santé.

En prison, où il a passé 45 jours depuis juillet, il a vécu ce qu'il décrit comme "la pire expérience possible".

Le journaliste rappelle que sous Robert Mugabe, qui a dirigé le pays d'une main de fer pendant 37 ans avant d'être dégagé par un coup d'État fin 2017, il n'a jamais été arrêté. Et pourtant "j'ai réalisé des documentaires critiques" à son égard, dit-il.

Il relève l'impact des réseaux sociaux pour désarmer les autorités. "J'atteins bien plus de monde que le quotidien contrôlé par le gouvernement", poursuit le journaliste. "Quand ils vendent 5.000 exemplaires, mes messages ou mes vidéos sont vus 100 000 fois".

"Je ne cesserai pas de dénoncer la corruption. C'est la nature de notre travail de journaliste, Une fois que vous cessez de dénoncer la corruption, vous avez cessé le journalisme".

Déclaré ennemi d'Etat par le pouvoir en place, Hopewell Chin'Ono compte poursuivre son combat pour sa liberté d'informer.

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