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Portugal : Julie, première pensionnaire d'un sanctuaire dédié aux éléphants sauvés des cirques

Julie, the last circus elephant in Portugal, explores her new home, a recently inaugurated 1,000 acre elephant sanctuary in Alandroal, southern Portugal, Oct. 22, 2026.   -  
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AP Photo

Portugal

Julie entame une nouvelle vie. Ancienne vedette de cirque, l'éléphante est devenue la première pensionnaire du sanctuaire Pangea, un refuge pour animaux sauvages situé dans la région de l'Alentejo, au sud du Portugal. Pour ses fondateurs, son arrivée marque une étape importante dans la protection des éléphants captifs en Europe.

Selon l'association Pangea, Julie était la dernière éléphante encore présente dans un cirque portugais et le dernier animal sauvage utilisé sous un chapiteau dans le pays. Son transfert a été rendu possible grâce à un accord conclu avec le cirque Víctor Hugo Cardinali, après l'entrée en vigueur de l'interdiction des animaux sauvages dans les spectacles de cirque.

Adoptée en 2018, cette législation n'est devenue pleinement applicable qu'en 2024 afin de laisser le temps aux établissements concernés de trouver des solutions de relogement pour leurs animaux. Le sanctuaire Pangea est né en partie pour répondre à ce besoin.

À son arrivée en juin, Julie a dû apprivoiser un environnement radicalement différent de celui qu'elle connaissait. Son soigneur, Johnny Nascimento, raconte une adaptation progressive.

« Julie était timide. Comme toute personne qui découvre un nouvel endroit, elle ne connaissait ni les lieux ni ceux qui l'entouraient. Après environ une semaine, elle a commencé à prendre confiance, à explorer les sentiers et à s'approprier progressivement son nouvel espace », explique-t-il.

Installé sur un domaine de près de 1 000 acres réparti entre les communes d'Alandroal et de Vila Viçosa, le sanctuaire a été conçu pour offrir aux éléphants un environnement aussi proche que possible de leur habitat naturel. Le climat chaud de l'Alentejo rappelle celui des régions africaines dont sont originaires de nombreux pachydermes.

Pour Ryan Hockley, directeur de Pangea, les premiers résultats sont encourageants. Julie a déjà repris une centaine de kilos depuis son arrivée, une évolution qu'il attribue à une meilleure condition physique.

« Dans son ancien environnement, elle faisait très peu d'exercice et passait la majeure partie de son temps dans une étable. Aujourd'hui, elle est libre de circuler à toute heure entre les différents espaces du sanctuaire. Elle choisit où elle veut aller et bouge beaucoup plus qu'avant. Je pense que cette prise de poids correspond surtout à un gain de masse musculaire », souligne-t-il.

Le sanctuaire ne compte pas s'arrêter là. Son objectif est d'accueillir à terme entre 20 et 30 éléphants issus de cirques, de zoos ou d'autres structures européennes où leurs conditions de vie sont jugées inadaptées.

Julie ne restera d'ailleurs pas longtemps seule. Un autre éléphant, Kariba, actuellement dans un cirque belge, doit rejoindre le sanctuaire au mois de novembre.

Pour Ryan Hockley, le Portugal s'est imposé comme une évidence pour accueillir ce projet. « Le climat, la lumière et les paysages me rappellent l'Afrique. Lorsque je vois Julie évoluer ici au coucher du soleil, j'ai parfois l'impression d'observer un éléphant dans la savane africaine », confie-t-il.

Financée par une fondation britannique avec le soutien de plusieurs organisations et donateurs, Pangea entend offrir un refuge durable aux éléphants en détresse. Le sanctuaire restera toutefois fermé au public afin de préserver la tranquillité et le bien-être de ses pensionnaires.

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