Tchad
Cinq pays du Sahel et la France se réunissent en sommet lundi et mardi à N'Djamena, au Tchad, pour faire le point sur la lutte antidjihadiste dans la région, où Paris voudrait voir ses alliés assumer le relais militaire, mais aussi politique, pour réduire un engagement vieux de huit ans.
Le chef de l'Etat tchadien, Idriss Déby, a demandé un effort financier supplémentaire à la communauté internationale pour soutenir le G5 Sahel. Le maréchal-président s’exprimait lundi à la tribune du 7e sommet de l’organisation régionale à N’Djamena, la capitale du Tchad. "Notre volonté partagée de vaincre au plus vite le terrorisme dans le Sahel doit s’accommoder d'un réel engagement. Ce terrain de mobilisation des États du G5 Sahel doit être soutenu, renforcé, par l'ensemble de la communauté internationale".
D'autres intervenants des cinq pays de l’organisation et de ses alliés ont appelé à une coopération militaire accrue, l'ancien ministre sénégalais des Affaires étrangères Cheick Tidiane Gadio préconisant l'émergence d'une force africaine capable de combattre les militants djihadistes au nord Mali. "Une armée africaine avec des troupes d'élite et des forces spéciales, bien équipée, bien entraînée, cette armée africaine doit entrer en urgence au Mali, appuyer les forces maliennes et ratisser tout le Sahel." Une telle force militaire contribuerait à la lutte acharnée contre l'insurrection djihadiste au Sahel.
Le sommet de deux jours associe dans un premier temps le G5 Sahel et la France, puis d'autres partenaires internationaux. Il a lieu un an après celui de Pau (Sud-Ouest de la France) qui, devant la menace d'une rupture sous les coups de boutoir djihadistes, avait débouché sur un renforcement militaire dans la zone dite des "trois frontières" (Mali, Niger et Burkina) et l'envoi de 600 soldats français supplémentaires, les faisant passer de 4 500 à 5 100.
La France cherche maintenant à réduire sa présence dans la région. Des voix s’élèvent de plus en plus dans le pays contre cette intervention coûteuse financièrement et humainement. Quelque 50 soldats français ont perdu la vie au Sahel depuis 2013.
La mise en place de la "task force" militaire européenne Takuba pourrait permettre de partager le fardeau. A défaut, la France pourrait sortir la carte de la "sahélisation", c'est-à-dire le passage du témoin aux armées nationales locales qu’elle forme avec l'Union européenne.
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