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Allègement de la force française Barkhane : quel impact ?

Le président français Emmanuel Macron rend visite aux soldats de l'opération Barkhane. (Photo d'archive du 19 mai 2017).   -  
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Christophe Petit Tesson/AP

Mali

Il y a un an, la France envoyait 600 militaires supplémentaires au Sahel, un renfort de la force Barkhane, au Mali en particulier. Plusieurs militaires français ont perdu la vie dans ce pays en décembre dernier. Après huit ans d’intervention et plus de 5 000 soldats déployés au Sahel, une réduction du contingent français est attendue. Quelles pourraient être les conséquences de ce retrait ?

Entretien avec Niagalé Bagayoko, politologue et présidente de l'African Security Sector Network.

Raphaële Tavernier, Africanews : Concrètement, quel impact pourrait avoir un départ des forces françaises du Mali ?

Niagalé Bagayoko, politologue et présidente de l'African Security Sector Network : "_Ce sera forcément une ouverture pour une approche sans doute plus politique de la gestion de cette crise, puisque l’une des exigences fixée par certains groupes djihadistes est de voir le départ des forces françaises. Mais il ne faut pas s’imaginer que l’opération Barkhane va prendre fin, même si elle changera probablement de nom. Ce qui est à l’étude, c’est une réduction de cette présence et sans doute un renforcement des partenariats qui ont été mis en place et notamment dans le cadre de la Task Force Takuba". _

Africanews : L’opération Barkhane ne va pas être stoppée net, mais si on envisage un important retrait des forces françaises, l’armée malienne et, plus largement, les armées sahéliennes, peuvent-elles contrer la menace djihadiste toutes seules, selon vous ?

Niagalé Bagayoko : "Au-delà du rôle des armées, il convient de s’interroger sur la position politique qui va être adoptée par les états sahéliens eux-mêmes. On voit bien que tous n’ont pas la même position. Les autorités maliennes ayant fait état de leur volonté de s’engager dans un processus de dialogue avec certains acteurs djihadistes, notamment les leaders du Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM).

Il est important de dire que l’armée malienne, aujourd’hui, n’est pas dans l’état dans lequel elle était en 2012. Les éléments de cette armée ont été d’avantage entraînés et équipés, ils se sont aguerris au contact de la lutte qu’ils mènent depuis huit ans.

Il faut par ailleurs souligner qu’il y a eu une intervention à deux reprises en huit ans de l’appareil militaire dans la sphère politique et qu’aujourd’hui les militaires jouent un rôle central dans la transition qui est à l’œuvre actuellement".

Africanews : La France est régulièrement accusée de soutenir les groupes djihadistes pour déstabiliser la région, de vouloir en quelque sorte recoloniser le Sahel, qu’en pensez-vous ?

Niagalé Bagayoko : "Bien entendu, ces accusations ne sont pas sérieuses, mais elles dénotent un sentiment relativement préoccupant quant à la perception de la présence française, qui est, en effet, vue comme étant d’une part de nature néocoloniale, mais au-delà de ça, comme étant inefficace. C’est là que sont les principales interrogations, en réalité, dans les messages les plus sérieux que l’on peut lire sur les réseaux sociaux ou dans la presse, c’est ce doute qui s’installe, en s’interrogeant sur la question de savoir pourquoi une armée aussi professionnelle et puissante que celle de la France ne parvient pas à venir à bout, de manière tangible, de ses ennemis. C’est plutôt par cet angle-là que je lierais la remise en cause de la présence française, plutôt que par des théories du complot tout à fait fantaisistes".

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