Egypte
Le Caire avait été formel : le portrait sculpté du pharaon Toutankhamon détenu par la maison d’enchère Christie’s est une œuvre volée. Et de fait, ne devrait pas être vendue. Mais le cri de colère du gouvernement égyptien a été peu audible à Londres où l‘œuvre a finalement été vendue jeudi pour 5,3 millions d’euros. Le nom de l’acheteur n’a pas été dévoilé.
Vieille de l‘ère arménienne, la statuette en quartzite brun de 28,5 cm de haut, représente le dieu égyptien Amon sous les traits de « l’enfant pharaon » Toutankhamon qui a accédé au trône à neuf ans. Elle fait partie des nombreux objets d’art l’Egypte réclame la restitution.
À l’annonce de la vente aux enchères par la maison Christie’s, le gouvernement égyptien a exigé l’annulation de la vente au motif que le flou règne autour de l’obtention de l‘œuvre. En vain. Christie’s a assuré avoir “effectué des contrôles approfondis afin de vérifier la provenance et le statut légal de l’objet” : celui-ci “n’est pas et n’a pas été l’objet d’une enquête et aucune préoccupation n’a jamais été soulevée à son sujet, bien que son existence soit largement connue et qu’il ait été exposé publiquement”.
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Jeudi, à Londres, des dizaines de manifestants silencieux ont déploré la spoliation de l’héritage égyptien. “Je suis très en colère, bouleversée”, a déclaré à l’AFP l’une des manifestantes, Magda Sakr, une Égyptienne de 50 ans installée au Royaume-Uni. “Cela fait partie de notre histoire, c’est l’un de nos rois les plus connus”, a-t-elle souligné.
À présent, le Caire entend prendre « toutes les mesures nécessaires pour récupérer les antiquités égyptiennes qui ont quitté l’Egypte illégalement”, a déclaré le ministère égyptien des Antiquités dans un communiqué.
Comme l’Egypte, de nombreux pays africains sont engagés dans une campagne pour la restitution de leurs œuvres, dérobés ou pillées pour la plupart lors de la période coloniale. En 2018, le chef de l’Etat français Emmanuel Macron s’est engagé à restituer des œuvres d’art à certains pays africains, notamment au Bénin – aux avants postes de la réclamation. Mais les contours de cette restitution restent difficiles à définir d’autant que l’inventaire et l’itinéraire des œuvres pillées constituent un véritable défi.
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