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Inspire Middle East

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Hollywood, Bollywood, Wadi Rum, les Mille et Une inspirations d’Aladdin

Hollywood, Bollywood, Wadi Rum, les Mille et Une inspirations d’Aladdin

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Dans l’édition de cette semaine, Inspire Middle East vous emmène au cinéma et vous propose un plongeon au cœur des mythes et légendes de la région qui ont captivé l’imagination des cinéastes internationaux pendant des décennies et jusqu’à aujourd’hui.

  • Entretien avec le réalisateur et scénariste Guy Ritchie qui signe le remake live-action d’Aladdin, le célèbre classique de Disney.
  • Interviews de l’acteur Mena Massoud (Aladdin) et de l’actrice indo-britannique Naomi Scott (Princesse Jasmine).
  • Rencontre avec le producteur de cinéma tunisien Tarak Ben Ammar. Il a produit notamment le célèbre film « Femme Fatale ».

Aladdin, remake du dessin animé de 1992

Réalisé conjointement avec la Royal Film Commission de Jordanie, le film Aladdin a créé 150 emplois locaux Plus d’un millier de figurants ont été sélectionnés pour jouer dans des scènes inspirées de Bollywood.

Ce n’est pas la première fois que les productions hollywoodiennes ou britanniques se servent des paysages et ressources de la région comme décor pour des films. De Lawrence d’Arabie en 1962 à Rogue One, spin-off de la saga Star Wars trois ans plus tard. Dernier film en date, Aladdin. Certaines scènes de ce remake de Disney en direct-action ont été tournées dans le désert jordanien. À Amman, nous avons rencontré le réalisateur de ce long-métrage, le britannique Guy Ritchie.

Rebecca McLauhlin-Eastham, euronews : Que retenez-vous de votre tournage dans la région ? Filmer ici s’est-il rapproché de l’idée que vous vous en faisiez ?

Guy Ritchie : Oui, tout à fait mais c’est aussi, je suppose, parce que le désert du Wadi Rum est incrusté dans l’esprit de la plupart des réalisateurs. Pour un certain nombre de raisons, la Jordanie était l’endroit idéal pour moi. Je ne me préoccupais pas réellement de l’aspect pratique su site, mais de ce qu’il pouvait et nous a apporté esthétiquement parlant.

Vous contribuez au développement du secteur du cinéma dans la région. Vous faites partie de son histoire. Quel a été le plus gros défi pour réaliser Aladdin ?

Nous devions faire en sorte de fusionner l’ancien film d’animation de 1992 avec ce nouveau long-métrage. Il ne fallait pas perdre la nostalgie du premier film, mais l’enrichir avec une évolution des personnages. Il était nécessaire d’ajouter des éléments destinés à rendre ce remake plus contemporain et accessible à un public moderne.

L’acteur d’origine égyptienne Mena Massoud, un petit nouveau, s’est glissé dans la peau d’Aladdin. Il est venu enrichir une production déjà multiculturelle intégrant notamment des acteurs d’origine tunisienne et iranienne.

Rebecca McLauhlin-Eastham, euronews : Pour vous, quel message sur la diversité ce film envoie-t-il à Hollywood ?

Mena Massoud : Cela va dépendre de la qualité du film. Mais, espérons que, grâce à Dieu et si tout se passe bien, ce remake enverra le message qu’on peut sélectionner des gens de couleur et les habitants de cette régions et d’autres régions pour réaliser des films, car ils les ont toujours réussis.

Vous et Rami Malek, pour ne citer que lui, vous retrouvez sur le devant de la scène, en particulier à Hollywood. Pensez-vous que le moment est bien choisi, ce qui n’était pas le cas auparavant ?

Absolument, je pense qu’un réel changement s’opère. Au début de ma carrière, j’ai fait quelques apparitions dans des séries comme Nikita. J’ai joué dans l’épisode intitulé Al-Qaïda n°2. Cela montre à quel point j’ai fait du chemin depuis et je pense qu’il n’y a pas de meilleur moment que maintenant.

Le Génie de la lampe, compagnon et confident d’Aladdin est incarné par Will Smith qui a eu la lourde tâche de remplacer, dans ce rôle, Robin William, le célèbre acteur américain décédé en 2014.

La princesse Jasmine de Guy Ritchie, interprétée par l’actrice indo-britannique Naomi Scott, a du caractère. Si elle est belle et douce, la fille du sultan n’en reste pas moins déterminée à gouverner le royaume de son père. Dans ce live-action Disney, elle a même sa propre chanson, “Speechless”, une véritable déclaration d’indépendance composée de toutes pièces par le talentueux et huit fois oscarisé, Alan Menken. Une seule prise pour Naomi Scott et la chanson était dans la lampe… ou plutôt dans la boite.

Rebecca McLauhlin-Eastham, euronews : À la lumière du mouvement « MeToo », si l’on s’attarde sur l‘émancipation de la femme que vous incarnez dans Aladdin, mais aussi sur la diversité ethnique présente dans le film, il s’agit d’une première pour Disney et pour n’importe quel film. Pensez-vous que le moment était bien choisi ?

Naomi Scott : Absolument. Ce personnage m’a donné ce sentiment d’émancipation et je pense aussi qu’il y avait matière à moderniser ce film afin qu’il ait un sens pour le public actuel (en 2019). Il est essentiel que nos héroïnes fassent entendre leurs voix. Je pense que c’est vraiment important et je suis aussi très fière de la diversité dans la distribution des rôles et qu’autant de gens, puissent se reconnaitre et se retrouver dans ce film d’une manière ou d’une autre. C’est quelque chose de très puissant.

Ce live-action Aladdin porte sans conteste la pâte Guy Ritchie, réalisateur au style plutôt nerveux enrichi par une bonne dose d’humour. Car Guy Ritchie a également signé des films de gangsters comme Snatch en 2008 ou encore Sherlock Holmes. Aladdin a donc lui aussi son lot de poursuites et de batailles acharnées.

Les fans semblent se délecter de ce style. Après seulement une semaine au box-office américain, Aladdin avait déjà rapporté plus de 150 millions de dollars.

Le constat est encourageant pour Disney mais aussi pour la Royal Film Commission de Jordanie qui espère que le film continuera sur sa lancée, ce qui, par ricochet, ou par magie, encouragera d’autres cinéastes à choisir la région pour leurs futurs tournages.

Tarak Ben Ammar : “Il faut avoir une bonne histoire à raconter”

Le producteur tunisien Tarak Ben Ammar s’investit sur la scène du cinéma international depuis près de 50 ans. C’est lui qui, dans les années 1970, a proposé à George Lucas de choisir le Tunisie pour tourner ses deux trilogies Star Wars. Depuis, il a collaboré à la production de plus de 70 films, dont un qui a fait beaucoup de bruit lors de sa sortie en 2004, La Passion du Christ.

L’ancien manager de Mickael Jackson (Il a produit son HIStory World Tour en 1996-1997) a également produit le film historique “Or Noir” (Black-Gold – Day of the Falcon) avec Antonio Banderas, dont l’action se situe dans l’Arabie Saoudite des années 30. Aujourd’hui, Tarak Ben Ammar exhorte les dirigeants arabes à investir davantage dans le cinéma. Daleen Hassan l’a rencontré en Egypte.

Daleen Hassan, euronews : Tarak Ben Ammar, nous sommes très heureux de vous recevoir sur euronews. Au même rythme que les nouvelles technologies se développent, votre travail de producteur évolue : distribution en ligne, Netflix, etc. Comment vous adaptez-vous à ces changements ?

Tarak Ben Ammar : Il faut une bonne histoire. Que ce soit à la télévision ou en ligne, sur DVD ou sur iPhone, l’audience doit être captivée. Avec une série télévisée, cela peut durer dix heures, parce que vous la regardez à la maison. Vous pouvez voir un épisode, vous arrêter, en mettre un autre ou faire comme la jeune génération, les enchaîner. La distribution numérique est un formidable cadeau technologique pour les jeunes. Ils peuvent avoir accès à n’importe quoi, n’importe où. Et c’est une formidable opportunité pour les cinéastes et les producteurs d’améliorer leurs talents et d’avoir du succès.

Il y a Hollywood aux Etats-Unis, Bollywood en Inde mais pas d’industrie du cinéma arabe reconnue mondialement ? Ne manque-t-il pas quelque chose ?

Chaque pays a son public. L’objectif d’un cinéaste indien est de parler à ceux qui partagent sa culture. Si à notre niveau, nous nous organisons, grâce au numérique et à Internet, un Koweïtien peut voir un film tunisien et un Marocain peut regarder un film yéménite. Donc, en réalité, nous pouvons faire ce que l’Inde fait sur son propre marché. Reste que nous sommes 21 pays, alors nous devons d’abord commencer par être appréciés par notre propre culture, nos compatriotes et dans notre langue. Il existe une demande incroyable en matière de divertissement de la part des jeunes et cela devrait être notre priorité.

L’Arabie saoudite ouvre des salles de cinéma et se lance dans la production cinématographique. Quelle est votre vision de l’industrie du cinéma dans ce pays et dans les pays du Golfe (CCG) ?

Je suis en phase avec ce que fait l’Arabie Saoudite. Mais le monde arabe, je veux dire, Abou Dhabi, le Koweït, Dubaï et le Qatar ont déjà beaucoup de salles de cinéma et des multiplexes ont ouverts ailleurs auparavant. Mais l’Arabie Saoudite élargit le marché et c’est une belle opportunité pour les réalisateurs arabes de toucher le public saoudien et la jeunesse saoudienne.

Tarak, quels sont vos projets ?

J’ai actuellement des projets historiques très importants auxquels je tiens car ils sont difficiles à produire au cinéma. Je m’intéresse toujours à des projets qui touchent à mon monde. Mon pays c’est la Tunisie et j’ai deux grandes productions à tourner là-bas. Je voudrais aussi faire quelque chose en Egypte. La Tunisie c’est, la liberté donnée aux femmes, la politique de la porte ouverte, le tourisme. Les gens ne nous connaissent pas. Ils ne savent pas qui nous sommes. Notre rôle est de leur permettre de le comprendre car nous, nous savons qui ils sont grâce à leur culture.

Un petit conseil à donner aux jeunes réalisateurs ?

Suivez votre rêve. N’abandonnez pas. Je sais que c’est facile à dire mais c’est ce que j’ai fait. Avec un nom arabe, personne ne voulait me donner d’argent. Aujourd’hui, il n’y a pas de talent caché dans le placard. Il faut juste apprendre à raconter une histoire. Tout le monde ne sait pas comment le faire. Vous pensez savoir, mais vous ne le saurez que quand vous le ferez et quand vous pourrez tenir quelqu’un en haleine pendant une heure et demie. Si vous avez ce talent, ne le lâchez pas.

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