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Burundi : libération de trois écolières accusées d'avoir gribouillé une photo du président

Burundi : libération de trois écolières accusées d'avoir gribouillé une photo du président

Burundi

Elles sont libres ! Ces trois écolières burundaises qui avaient été incarcérées pour avoir gribouillé une photo du chef de l’Etat Pierre Nkurunziza. Mardi, elles ont bénéficié d’une liberté provisoire, selon la ministre de la Justice Aimée Laurentine Kanyana.

L’affaire a défrayé la chronique. Partie d’un petit établissement de la province de Kirundi, dans le nord-est du Burundi, elle a rapidement gagné les médias du monde entier et provoqué des railleries sur les réseaux sociaux. Une attention particulière motivée par l’infraction pour laquelle elles ont été écrouées.

Âgées respectivement de 15, 16 et 17 ans, elles étaient poursuivies pour “outrage” au chef de l’Etat après qu’elles ont été accusées d’avoir gribouillé une photo de ce dernier située dans un de leurs manuels scolaires. Depuis mercredi dernier, elles étaient alors détenues dans la prison pour mineurs de Ngonzi. Si les écolières bénéficient de la libération provisoire, pourraient toutefois retourner derrière les barreaux en cas de récidive, prévient la ministre de la Justice.

“Nous appelons les parents à renforcer l‘éducation de leurs enfants. Nous rappelons aux enfants qu’ils doivent respecter les autorités et que l‘âge de la responsabilité pénale est fixé à 15 ans. La prochaine fois, la justice mettra un terme à ces comportements”, a martelé la ministre Aimée Laurentine Kanyana.

Les trois écolières risquaient jusqu’à cinq ans de prison et 250 euros d’amende pour “outrage à chef d’Etat”, selon le code pénal burundais.

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Cas à polémique

Sauf qu’au Burundi, l’infraction évoquée a posé des interrogations. D’abord, parce que les manuels incriminés sont partagés entre les élèves d’une même classe et proviennent d‘élèves antérieurs à la classe. Et parce que la responsabilité des écolières accusées n’a pas été clairement établie.

Mais c’est surtout que la limite entre un cas scolaire et un cas pénal était très fine selon des observateurs. L’affaire était d’ailleurs déjà en voie de résolution au sein de l‘établissement en vertu du règlement intérieur qui prévoit une sanction en son article 31, alinéa 18, relève le site burundais Iwacu. L’infraction formulée en “falsification prouvée des documents scolaires” prévoit notamment le renvoi de l’établissement. Aussi, l’auteur ne peut être admis dans un aucun autre établissement pour l’année scolaire en cours.

Le procureur de la République s‘était toutefois saisie de l’affaire et avait fait ouvrir la procédure pénale. Outre les quelques jours d’incarcération, les écolières ont été exclues de leur établissement selon le conseil disciplinaire.

Que dit le code pénal burundais sur l’outrage au chef d’Etat

Selon l’article 394 du Code pénal : “Constituent des actes d’outrage les paroles, gestes ou menaces, les écrits de toute sorte ou l’envoi d’objets quelconques adressés à une personne chargée d’une mission de service public, dans l’exercice ou à l’occasion de l’exercice de sa mission et, de caractère injurieux ou diffamatoire, et de nature à porter atteinte à sa dignité ou au respect dû à la fonction dont elle est investie”.

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