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Bouleversements politiques : la rue a de nouveau fait le boulot, mais...

Bouleversements politiques : la rue a de nouveau fait le boulot, mais...

Algérie

L’Algérie d’Abdelaziz Bouteflika n’a pas attendu le “Printemps arabe” pour faire sa révolution. Vingt ans après l’arrivée de celui qu’ils appellent familièrement “Boutef”, les Algériens ont décidé qu’il était temps de changer la donne afin de redonner espoir à une jeunesse frustrée. Armés uniquement de slogans hostiles à l’actuel président, ils ont pris la rue, marchant dans les pas de biens d’autres pays africains.

Des milliers de manifestants algériens réunis dans les plus grandes villes du pays depuis près d’un mois pour réclamer le départ du président Abdelaziz Bouteflika. Cela n‘était jamais arrivé en deux décennies, lorsque le dirigeant du FLN a accédé au pouvoir en 1999. Ces manifestations qui sont avant tout l’expression d’une frustration – surtout de la jeunesse – et d’une exaspération face à un président souffrant et un régime qui a verrouillé toutes les sphères de la société ont déjà conduit à la promesse du président Bouteflika de ne plus briguer de 5e mandat.

Le cas éthiopien

Mais ces turbulences sociales ne sont pas une exception algérienne. Hailemariam Desalegn, l’ancien Premier ministre éthiopien est l’un des derniers symboles africains de la faillite des dirigeants face à la colère de la rue. Le 15 février 2018, sur les ondes de la radio d’Etat Fana, celui qui était en poste depuis 2012 a rendu le tablier sur fond de manifestations anti-gouvernementales.

En effet, entre 2015 et 2016, l’Ethiopie a été le théâtre des plus importantes manifestations anti-gouvernementales depuis vingt-cinq ans, et dont la répression avait fait au moins 940 morts, selon la Commission éthiopienne des droits de l’homme, liée au gouvernement. Poussé vers la sortie par son peuple, son parti, le Front démocratique révolutionnaire des peuples éthiopiens (EPRDF), a dû faire la concession de lui trouver un successeur. Depuis avril 2018, Abiy Ahmed est aux manettes du pouvoir. Avec lui, est arrivé un vent nouveau sur l’Ethiopie, où les libertés individuelles sont de moins en moins limitées.

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Décision historique de la Cour suprême kényane

Le 1er septembre 2017, c’est également sous la pression de la rue que la Cour suprême du Kenya avait invalidé les résultats de la présidentielle. La plus haute institution juridique du pays s‘était alors ralliée à la thèse de l’opposition qui pointait des “illégalités et irrégularités” qui ont compromis l’intégrité du scrutin. Des jours avant cette décision historique sur le continent africain, le chef de l’opposition Raila Odinga et ses partisans avaient multiplié les marches de protestation contre les résultats du scrutin, parfois au prix de violentes répressions.

Le Rif marocain

Dans le Rif marocain, région au passé rebelle, la mort atroce d’un jeune vendeur de poissons broyé dans une benne à ordures ne pouvait pas passer inaperçue. Dès octobre 2016, ce vendeur de poissons devient le martyr et le symbole d’une région avec une population très jeune, un taux de chômage ahurissant et embourbée économiquement et socialement. C’est le début d’une vague de manifestations qui a bouleversé la monarchie marocaine. Bien que la justice ait condamné à de lourdes peines des leaders du mouvement, le souverain Mohamed VI a joué les équilibristes en graciant d’autres figures du mouvement et en enjoignant son gouvernement à une refonte totale du modèle social marocain. Plusieurs ministres, dont celui de l‘Économie Mohamed Boussaïd, ont par ailleurs été limogé courant 2018.

Éviter le scénario libyen

Au Togo, au Zimbabwe, ou plus loin au Burkina Faso ou encore lors du Printemps arabe, les manifestations ont constitué pour le peuple l’unique voie de sortie face à des systèmes électoraux biaisés, assujettis aux régimes en place. Avec plus ou moins de succès et parfois des conséquences désastreuses comme en Libye ou en Syrie. Et ça, les Algériens l’ont bien compris. En faisant de la contestation pacifique un principe incorruptible, ils espèrent faire d’une pierre deux coups : sauvegarder les acquis démocratiques d’un côté, et obtenir le départ du régime de l’autre.

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