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Mozambique : l'économie croule sous le poids de la dette

Mozambique

<h4>L‘économie mozambicaine croule sous le poids de la dette. La cause : une mauvaise gestion de l’aide financière des institutions et des partenaires économiques.</h4> <p>La mauvaise gestion financière du Mozambique peut s’illustrer par le scandale des 24 thoniers achetés pour renflouer l‘économie nationale, mais qui mouillent toujours à quai depuis 2013. Pourtant, la flotte thonière était censée rapporter des millions de dollars au pays en devises, créer des milliers d’emplois et fournir une source abordable de protéines à l’un des pays les plus pauvres du monde.</p> <p>Les deux douzaines de bateaux ont été acquises sur un prêt de 850 millions de dollars américains en 2013 par le Crédit Suisse et <span class="caps">VTB</span> de Russie pour financer “les infrastructures de pêche”. Le fonds est venu sous la forme d’obligations, garanties par l‘État, à la compagnie mozambicaine de thon, Ematum.</p> <p>Trois ans après son lancement, le projet est resté au point de départ. Ematum se retrouve en deçà de ses objectifs et 500 millions de dollars d’obligations du thon, qui étaient destinés à la sécurité maritime ont dû être réaffectés au budget de la Défense.</p> <p>Conséquences, le pays voit sa dette extérieure souveraine monter à 80 % du <span class="caps">PIB</span> et risque de se retrouver en faillite. Pour les économistes du pays, l’affaire des thoniers est une vaste escroquerie bien organisée, avec la volonté permissive des autorités. “Ematum c’est une excellente idée, c‘était brillant. Mais regardons dans les fondements économiques, si c‘était pour le thon, cela impliquerait que les bateaux auraient commencé la pêche depuis leur départ de la France. Mais ce n’est pas le cas. Les bateaux sont à Maputo et ils ne pêchent pas”, regrette l‘économiste Ragendra de Souza.</p> <p>Comme si le scandale des thoniers ne suffisait pas, le gouvernement mozambicain a reconnu récemment avoir dissimulé au Fonds monétaire international (<span class="caps">FMI</span>) et à la Banque mondiale un emprunt de plus d’un milliard de dollars. Ces dettes contractées par des entreprises publiques ont été garanties par l‘État. </p> <h4>Colère des partenaires</h4> <p>Une attitude qui a suscité la colère du <span class="caps">FMI</span>, qui a, de facto, décidé de suspendre son aide au Mozambique. « Les emprunts non dévoilés dépassent un milliard de dollars et changent considérablement notre évaluation des perspectives macro-économiques du Mozambique », a indiqué la chef du département Afrique du <span class="caps">FMI</span>, Antoinette Sayeh, dans un communiqué. </p> <p>D’autres partenaires tels l’Union européenne et le Portugal ont aussi suspendu leur aide, en attendant que le gouvernement mozambicain fournisse des explications. Pour une économie qui dépend à 25 % des aides, ces suspensions vont davantage plonger le pays dans le marasme économique, estime le <span class="caps">FMI</span>.</p> <p>Fin 2015, la dette du Mozambique était estimée à 66,7 % du <span class="caps">PIB</span> et 222,4 % des recettes publiques (contre 53,2 % du <span class="caps">PIB</span> et 158 % des recettes en 2014), selon les estimations de Standard & Poor’s. Cette année, elle pourrait atteindre 65,9 % du <span class="caps">PIB</span> et 227,4 % des recettes publiques.</p>

Les emprunts non dévoilés dépassent un milliard de dollars et changent considérablement notre évaluation des perspectives macro-économiques du Mozambique.

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