Nigéria
Des créateurs de contenu numérique venus de toute l’Afrique se sont réunis cette semaine à l’occasion du Sommet des créateurs africains, pour appeler à une meilleure reconnaissance de leur activité comme un véritable emploi à plein temps, et non plus comme une simple activité secondaire.
Placée sous le thème « Construire un écosystème durable : où l’Afrique commercialise son SWAG », l’édition 2026 du sommet a rassemblé plus de 2 500 créateurs issus de 15 pays. Objectif : réfléchir aux moyens de transformer le capital culturel africain en opportunités économiques durables.
Au cœur des discussions, la monétisation du « SWAG », un acronyme désignant le Sound, Walk, Attire et Grubs — le son, la démarche, le style vestimentaire et la gastronomie — considérés comme les piliers de l’influence culturelle croissante du continent sur la scène mondiale.
Pour de nombreux intervenants, la création de contenu exige aujourd’hui un engagement total. Gestion simultanée de plusieurs plateformes, production de vidéos adaptées à chaque réseau, stratégie de diffusion et relations avec les marques : une charge de travail difficilement compatible avec un emploi traditionnel.
« La création de contenu devrait être un travail à plein temps », estime le créateur nigérian Ibikunle “Frosh” Akorede, soulignant que cette activité demande « tout son cœur, toute son énergie » et mérite d’être reconnue comme telle dès lors qu’elle génère des revenus.
Un constat partagé par David Adeleke, responsable médias, qui note qu’environ 40 % des créateurs considèrent encore cette activité comme secondaire, freinant selon lui la maturité du secteur. Il anticipe cependant une évolution rapide : de plus en plus de créateurs devraient quitter les emplois classiques de 9 h à 17 h pour se consacrer pleinement à ce qu’il compare à la gestion d’une petite entreprise.
Les échanges ont également porté sur la durabilité de l’économie des créateurs, les écarts de revenus entre créateurs débutants et établis, ainsi que les défis liés à l’accès aux marchés, aux financements et à la structuration du secteur.
Portée par la généralisation des smartphones, l’essor des réseaux sociaux et du streaming vidéo, l’économie africaine des créateurs connaît une croissance rapide. Pour les participants du sommet, l’enjeu est désormais clair : faire reconnaître la création de contenu comme un levier économique majeur et un véritable métier d’avenir sur le continent.
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