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Burkina Faso : qui est à l'origine des tirs entendus à Ouagadougou ?

Selon le journaliste burkinabé Simon Gongo, des soldats du corps d'élite en rébellion sont à l'origine des coups de feu qui ont été entendus vendredi 30 septembre 2022 matin.   -  
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Burkina Faso

Les Burkinabés craignent une nouvelle tentative de coup d’état après que des tirs ont été entendus à Ouagadougou vendredi matin.

Ces coups de feu qui ont démarré avant l’aube ont ensuite laissé s’installer une forte présence militaire dans les rues de la capitale.

Si personne ne sait officiellement ou se trouve le chef de la junte, le colonel Damiba, un communiqué diffusé sur les médias sociaux de la présidence a évoqué une « crise au sein de l’armée ».

Selon le journaliste local Simon Gongo, des soldats du corps d'élite se sont rebellés :

"Ce sont des soldats de l'unité Cobra qui se sont mutinés pour réclamer de meilleures conditions de vie et de travail. On parle de primes non payées qui sont réclamées. Mais si on regarde de près les événements qui se déroulent, cela ressemble à ce qui s'est passé en janvier dernier. Tout d'abord, une fusillade que l'on pouvait entendre depuis des barils. Cette fois, il s'agissait du camp de Bambassi, qui est situé dans un quartier résidentiel, près du palais présidentiel.

Ensuite, il y a eu l'occupation des routes stratégiques, y compris l'axe qui mène à la présidence, puis dans le centre de la ville, le siège de la radiotélévision publique et quelques autres sections clés ont été bouclées.

Et ce matin, le calme a régné une fois de plus, mais un calme précaire, puisque ces tronçons routiers sont toujours bloqués, contrôlés, par les mutins. Selon nos informations de sources gouvernementales, mais aussi de sources sécuritaires. Des pourparlers sont actuellement en cours entre les officiers de cette unité pour rétablir le calme. Mais à l'heure où je vous parle, nous ne savons rien de ce qui se discute." a déclaré le journaliste burkinabé.

Les routes principales de la capitale sont restées inhabituellement calmes.

Seuls certains citoyens ont déversé leur colère sur Facebook après qu’une déclaration attribuée au colonel Damiba les ait exhorté à rester calme Damiba n'a pas tenu sa promesse d'éteindre l'insurrection djihadiste qui ravage le pays.

"On peut donc dire qu'il y a un peu de lassitude. C'est sûr qu'au niveau des combattants parce qu'on parle de forces spéciales et ce sont les forces spéciales qui mènent les opérations sur le terrain. Toutes les opérations à grande échelle sont menées par ces forces spéciales. Nous pouvons parler de mécontentement. N'oubliez pas que ces manifestations interviennent après l'attaque du convoi de Djibo lundi dernier, où le gouvernement a annoncé la mort de onze soldats." a expliqué Simon Gongo. 

Le président des autorités de transition a fait face à des critiques croissantes. Au début du mois, il a pris le poste de ministre de la défense après avoir démis un général de brigade de ses fonctions. Les observateurs affirment que la pression est également montée dans l'armée parce que certains soutiennent la détention du colonel Emmanuel Zoungrana au lieu du colonel Damiba.

_"Selon nos informations, le colonel Emmanuel Zoungrana est toujours en prison puisqu’il a été incarcéré pour tentative de coup d'État en fin 2021. Il n'est jamais sorti de prison et la source est très ferme. Il est toujours en prison. Et la preuve, les manifestants qui réclament le départ du président de la Damiba, revendiquent aussi la libération du lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana. Donc, à l'heure ou parlant, des choses peuvent évoluer. Mais alors nous parlons de lieutenant-colonel Emmanuel Zoungrana est toujours en prison."_a-t-il ajouté. 

Le président déchu Roch Marc Christian Kaboré a été destitué en janvier dernier notamment en raison de son incapacité à endiguer l’insurrection djihadiste.

En juin, le médiateur de l'Afrique de l'Ouest pour le pays a déclaré que les autorités burkinabées ne contrôlaient que 60 % du territoire.

Les attaques se sont multipliées depuis la mi-mars, malgré la promesse de la junte de faire de la sécurité sa priorité absolue.

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