Côte d'Ivoire
Figure de la société civile ivoirienne, Pulchérie Gbalet, qui avait déjà été interpellée et retenue à son retour du Mali début août, a de nouveau été arrêtée lundi à Abidjan et écrouée, notamment pour "entente avec les agents d'une puissance étrangère", ont annoncé mardi à l'AFP ses proches et son avocat.
"Pulchérie Gbalet a reçu un appel de la part du directeur général de la police nationale lui demandant (...) de passer chercher son passeport et son téléphone, confisqués lors de sa première interpellation", a affirmé à l'AFP David Samba, son collaborateur, également responsable de la société civile en Côte d'Ivoire. "Partie pour récupérer ces effets, elle a été retenue par la police pour une audition en l'absence de son conseil", a-t-il ajouté.
Eric Saki, l'avocat de Pulchérie Gbalet, a confirmé cette interpellation en dénonçant une "manière de faire totalement aux antipodes des règles de procédure pénale". Dans la soirée, il a annoncé qu'elle était "poursuivie pour entente avec les agents d'une puissance étrangère de nature à nuire à la situation diplomatique de la Côte d'Ivoire, diffusion de fausses nouvelles de nature à attenter au moral des populations, atteinte à l'ordre public".
"Une information a été ouverte" et Pulchérie Gbalet "a été placée sous mandat de dépôt et conduite à la MACA", la Maison d'arrêt et de correction d'Abidjan, a ajouté Eric Saki.
Présidente de l'organisation Alternative citoyenne ivoirienne (ACI), Pulchérie Gbalet avait déjà été brièvement interpellée et retenue début août à son retour du Mali, dans un contexte de tensions entre les deux pays voisins. Elle y avait rencontré des responsables d'ONG, ainsi que des proches de la junte militaire au pouvoir depuis août 2020 dans ce pays, évoquant avec eux le sort de 49 soldats ivoiriens détenus à Bamako depuis le 10 juillet.
Elle avait fait plusieurs déclarations à son retour, se prononçant pour une "solution diplomatique" concernant le cas de ces soldats. Considérés comme des "mercenaires", les 49 soldats ont été inculpés par la justice malienne, notamment pour "tentative d'atteinte à la sûreté extérieure de l'Etat".
Le Conseil national de sécurité ivoirien (CNS), présidé par le chef de l'Etat, Alassane Ouattara, a exigé leur libération "sans délai", affirmant que les soldats ont été "injustement" arrêtés.
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