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Le Cameroun est prêt pour la plus prestigieuse compétition du football africain

Le stade Olembé à Yaoundé.   -  
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ADRIEN MAROTTE/AFP or licensors

Cameroun

Cinq mois avant le début de la CAN, le gouvernement s'active pour montrer à l'opinion publique nationale et internationale que le pays des Lions indomptables sera fin prêt pour le mois de janvier 2022, trois ans après la date initialement prévue.

60.000 places assises, une salle de presse flambant neuve, une pelouse déjà verdoyante... le stade du complexe d'Olembé, après moult polémiques et retards dans les travaux, semble enfin en passe d'offrir au Cameroun l'écrin espéré pour accueillir notamment le match d'ouverture et la finale du tournoi qu'il attend sur son territoire depuis 1972.

Le 21 septembre 2014, à Addis Abeba, en Ethiopie, le Cameroun est désigné pays hôte de la CAN-2019. Une fierté pour le pays de Roger Milla et Samuel Eto'o, deuxième nation la plus titrée d'Afrique avec cinq trophées, derrière l'Égypte (sept).

Retards successifs

Mais les travaux prennent du retard et la situation sécuritaire se dégrade, avec des attaques des djihadistes de Boko Haram dans le nord du pays et un conflit entre l'armée et des séparatistes dans les deux régions anglophones du pays.

Entre-temps, la Confédération africaine de football (CAF) annonce passer la compétition de 16 à 24 équipes. Le gouvernement de l'inamovible Paul Biya, 88 ans aujourd'hui, dont plus de 38 au pouvoir, dit relever le défi et poursuit ses investissements colossaux. Mais en janvier 2019, la CAF juge que Cameroun n'est pas prêt. L’Égypte le remplace au pied levé. "Une honte nationale", selon le politologue Stéphane Akoa.

La CAF lui accorde néanmoins l'édition 2021. Nouveau report, cette fois à cause de l'épidémie de Covid-19. Elle se tiendra finalement du 9 janvier au 6 février 2022.

Malgré le succès de l'organisation début 2021 au Cameroun du Championnat d'Afrique des nations (CHAN), réservé aux joueurs évoluant sur le continent, les polémiques continuent d'enfler sur le retard des infrastructures. Le Cameroun sera-t-il prêt? s'interrogent régulièrement médias et analystes, comme un mauvais feuilleton qui apporte chaque saison son lot de rebondissements.

Depuis le début de l'année, c'est le complexe sportif d'Olembé, plus grand stade de la compétition, antre de la sélection camerounaise, qui alimente les rumeurs sur son financement et son état d'avancement. Les plans initiaux prévoyaient le stade, une piscine, un gymnase, des courts de tennis... Seul le stade semble être en mesure d'être terminé. Et le groupe italien Piccini qui menait les travaux depuis 2015 a été remplacé fin 2019 par la société canadienne Magil Construction Corporation.

Fin juillet, Narcisse Mouele Kombi, le ministre des sports camerounais, se félicitait de l'achèvement de la pose des tourniquets à l’entrée principale et de la reprise de la pose des panneaux de couleurs rouge, bleu, vert, orange et jaune sur le pourtour extérieur de l'enceinte, symbolisant les écailles de pangolin, un petit mammifère très cher aux Camerounais. Coût total du projet selon les autorités, 163 milliards de francs CFA, soit environ 250 millions d'euros.

Autres projets encore en cours: le parc hôtelier à Garoua (Nord) et Bafoussam (Ouest) et certaines infrastructures routières à Douala, la capitale économique du pays.

Le Cameroun est-il prêt ?

Pourtant, le gouvernement souhaite rassurer. Le Cameroun est prêt pour l'accueil de la CAN, a assuré M. Mouele Kombi, ajoutant que son organisation était un acquis irréversible. Patrice Motsepe, président de la CAF, a de son côté assuré que la prochaine CAN se tiendra bel et bien au Cameroun.

La CAN se fera. Il n'y a plus de craintes. Mais à quel prix ?, note Dimitri Mebenga, le chef du service des sports du quotidien Mutations, plutôt critique à l'égard du régime camerounais. Ce tournoi aura été un gouffre financier pour le pays et aura fait saigner le contribuable camerounais, le tout dans une grande opacité, dénonce-t-il.

Geremi Sorele Fotso Njitap, dit Geremi, ancienne star des Lions indomptables et président du syndicat national des footballeurs camerounais, se réjouit de son côté d'une formidable opportunité. Pour que le football africain retrouve un haut niveau, il faut développer les championnats locaux. Il faut du spectacle, il faut que les joueurs soient bien payés, et cela commence par le développement des infrastructures", a-t-il déclaré.

Le tirage au sort de la compétition est prévu mardi au Palais des congrès de Yaoundé.

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