Bienvenue sur Africanews

Merci de choisir votre version

Regarder en direct

Infos

news

En Egypte, des agriculteurs luttent pour sauver la culture du papyrus

En Egypte, des agriculteurs luttent pour sauver la culture du papyrus
L'agriculteur et peintre Said Tarakhan dessinant sur des feuilles de papyrus dans le village d'al-Qaramous, le 28 juillet 2021.   -  
Copyright © africanews
KHALED DESOUKI/AFP or licensors

Egypte

Dans le delta du Nil, les artisans d'Al-Qaramous luttent pour sauver la culture de papyrus. Depuis de nombreuses décennies, ces agriculteurs égyptiens ont placé leur économie sur cette pratique ancestrale. Mais avec la pandémie de coronavirus, ajoutée à la crise politique de 2011, ils luttent désormais pour maintenir leur activité à flots, chamboulée par la baisse du tourisme.

"Depuis qu'il y a eu la pandémie de Covid-19, le tourisme a été affecté", explique Abdel Mobdi Moussalam, cultivateur de papyrus. "On n'a pas de revenus, il n'y a pas de ventes, ni d'argent à dépense. On ne travaille que dans la fabrication du papyrus qui dépend totalement du tourisme. On n'arrêtera jamais de fabriquer du papyrus, on continuera quoi qu'il arrive, car c'est notre seule source de revenus."

Il y a 50 ans, les agriculteurs de Charqiya se sont réappropriés les techniques millénaires, qui avaient alors presque disparu. Les gestes sont restés les mêmes et grâce à leur savoir faire, ils ont su s'imposer sur le marché. Désormais, la majorité du papyrus vendu vient des environs.

"Mon capital de marché avant le Covid-19 était d'environ 6 500 dollars et d'un coup, je n'ai plus eu aucun bénéfice, pas un centime", se désole Saïd Tarakhan, un producteur de papyrus. "Tout s'est arrêté, j'ai perdu près de 70 à 80 % de mes revenus."

Avant 2011, près de 500 fermes étaient consacrées au traitement du papyrus. Et le marché était prospère, les touristes étrangers étant friands de ces souvenirs. Mais des familles qui vivaient de la culture de cette plante ont alors commencé a abandonner leur activité et la pandémie de Covid-19 n'a fait qu'aggraver les choses.

"On est environ 15 000 personnes à vivre dans près de 300 maisons dans ce village, tous travaillent dans la production de papyrus. Certains plantent, d'autres impriment, dessinent, colorient ou commercialisent", continue le producteur. Mais avec la crise sanitaire, le marché a dû se renouveler.

"On essaie de sortir des sentiers battus pour maintenir cette profession en vie. On a fabriqué des produits en papier de papyrus comme des portefeuilles, des carnets de notes, des croquis, de nouveaux produits pour que l'on puisse continuer."

Afin de ne plus avoir à compter uniquement sur le tourisme en berne, les d'Al-Qaramous se sont lancés dans la vente sur Internet. Une manière de sauver leur activité.

Voir plus