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Tchad : les proches d'une victime de la répression inconsolables

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AP Photo

Tchad

Des larmes mal réprimées et des sanglots lundi à N’Djamena lors des funérailles d’une victime de la manifestation contre le Conseil Militaire de Transition initiée à l’appel de l’opposition, il y a une semaine.

La contestation a coûté la vie à six personnes dont, à Aggee Barkembay. Ses proches demeurent inconsolables.

"Mon petit frère était à l'intérieur de la maison, attendant la fin de la manifestation. Il est sorti pour voir ce qui se passait et quelqu'un est sorti d'une Toyota Hilux banalisée aux vitres teintées. Soudain, on lui a tiré dessus sur le côté gauche et la balle est ressortie par le ventre. Nous l'avons emmené d'urgence à l'hôpital Liberty où il a été opéré avec succès. Mais 24 heures plus tard, il est mort de ses blessures", explique Magloire Randuba, le frère de la victime.

Des centaines de personnes ont par ailleurs été interpellées à l’issue de la contestation de la semaine dernière. Une répression dénoncée par des populations.

"Cela a été comme jeter de l'huile sur un feu. Maintenant, tout le monde est prêt. Il existe un mouvement appelé Wakit Tama (Il est temps). Tout le monde en a assez. Tout le monde veut sa liberté et veut dire 'non" à la prise de pouvoir par les militaires.", souligne Magloire Randuba.

Les militaires tentent au contraire d’asseoir leur pouvoir. Dernier exemple en date, la publication du nouveau gouvernement avec la participation d'une frange de l'opposition.

La copie de la mission de l’UA attendue

Si l’Union africaine a appelé au respect de l’ordre constitutionnel, l’organisation continentale pense cependant que la crise en cours dans le pays doit être résolue par ses propres fils : "aux Tchadiens et aux tchadiennes de sortir leur pays des difficultés", explique le chef de la mission d'enquête de l'Union africaine sur la "situation politique et sécuritaire" au Tchad.

Un Conseil divisé sur la marche à suivre face à la prise du pouvoir par les militaires. "certains pensant qu'il fallait tout de suite appliquer les protocoles , d'autres disant qu'il fallait donner un peu plus de temps car la situation ne concerne pas seulement le Tchad", a déclaré Mohamed Idriss Farah, l'ambassadeur de Djibouti en Ethiopie, président du Conseil paix et sécurité de l'UA, .

La mission quitte N’Djamena mercredi après avoir procédé à l’évaluation de la situation. Et remettra sa copie au Conseil paix et sécurité qui se prononcera ensuite sur d'éventuelles sanctions contre le Tchad.

L’UA qui a poussé le président somalien à revenir sur la prolongation de son mandat de deux ans, est attendue au tournant sur le cas tchadien. Décidera-t-elle de fermer les yeux et cautionner une transition dirigée par les militaires ou contraire, appliquera-t-elle la tolérance zéro en matière de respect des dispositions constitutionnelles, la question restée posée.

Encore faudra-t-il se demander si elle dispose de marge de manœuvres à même de faire bouger les lignes à N’Djamena.

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