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Les Ivoiriens vent debout contre les coupures de courant

Les Ivoiriens vent debout contre les coupures de courant
Un ingénieur se tenant devant les turbines de la centrale thermique d'Azito, située près d'Abidjan, en 2016.   -  
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ISSOUF SANOGO/AFP or licensors

Côte d'Ivoire

En Côte d'Ivoire, les coupures d'électricité qui ont plongé dans le noir les plus grandes villes du pays passent mal auprès de la population.

"Notre pays est en délestage!" En Côte d'Ivoire, le patronat, les consommateurs et les syndicalistes sont vent debout contre les coupures de courant qui se sont multipliées ces derniers jours dans un pays qui se veut un leader régional dans le secteur de l'électricité.

En 2019, la Côte d'Ivoire, qui connaît une forte embellie économique depuis huit ans, a produit plus de 2 229 mégawatts d'électricité, selon le ministère de l'Energie, et a exporté en 2020 11% de sa production d'électricité vers six pays voisins - le Ghana, le Togo, le Bénin, le Burkina Faso, le Mali et le Liberia.

Mais la semaine dernière, de longues coupures d'électricité ont touché toutes les grandes villes du pays, en particulier la capitale économique, Abidjan, et ses 5 millions d'habitants.

Principaux responsables des coupures de courant selon le ministère de l’Énergie, le bas niveau d'eau des barrages, dû aux faibles pluies et aux changements climatiques qui limitent la production hydroélectrique, couplé à une insuffisance de l'offre de gaz naturel, qui vient limiter la production thermique.

A cela sont venues s'ajouter des pannes à la centrale thermique d'Azito, située en périphérie d'Abidjan, qui génère le tiers de l'électricité du pays. Dans le pays, la colère gronde. "Quand ce n'est pas l'eau, c'est le courant!", se plaint un habitant de Yamoussoukro , la capitale politique du pays. "Ici à Korhogo (principale ville du nord de la Côte d'Ivoire), il n’y a pas un jour sans qu'on assiste à une coupure de courant, mettant en danger nos appareils ménagers", s'insurge un fonctionnaire.

"Situation inadmissible"

La Confédération des grandes entreprises de Côte d'Ivoire (CGECI) a été la première à dénoncer "une crise énergétique", dans un courrier adressé au Premier ministre ivoirien Patrick Achi. "Les perturbations sur le réseau électrique et les coupures d'électricité entrainent sur la période d'avril à août 2021, un déficit de 200 MW", affirme le patron des patrons ivoiriens, Jean-Marie Ackah.

La Compagnie ivoirienne d'électricité (CIE), unique distributeur, "veut combler ce déficit, à travers un plan de délestage de 145 grandes entreprises industrielles", sur cinq mois, selon Jean-Marie Ackah, qui déplore "une situation d'une extrême gravité qui entrainera des conséquences pour l'économie nationale".

"L’électricité fait de plus en plus défaut, aussi bien sur les lieux de travail que dans les domiciles. La fréquence (...)des communiqués d’excuses de la CIE, annonçant des travaux en cours ainsi que la mobilisation régulière de ses équipes a achevé de convaincre les consommateurs qui en doutaient encore que le problème est sérieux et dépasse le cadre de la CIE: la Côte d’Ivoire est en délestage", affirme de son côté Jean-Baptiste Koffi, président de la Confédération des consommateurs de Côte d'Ivoire (COC-CI).

Pour lui, "cette situation inadmissible ne saurait perdurer" et il exhorte les autorités à répondre aux "attentes légitimes des consommateurs". Il dit en outre craindre qu’une "baisse du régime d’activité au niveau industriel n'entraine inéluctablement une baisse de quantités de produits sur le marché et par conséquent, un renchérissement des coûts".

Le secteur informel déstabilisé par les coupures

Profitant de la fête du Travail du 1er mai, la centrale syndicale Humanisme, qui dit regrouper 187 organisations syndicales de 23 secteurs d'activités, a appelé "le gouvernement à résoudre le problème de coupures intempestives d'électricité", car "l'accès à l'électricité demeure une préoccupation pour le monde du travail".

Pour Mamadou Soro, secrétaire général de la centrale, "ces coupures affectent gravement le secteur informel qui contribue à plus de 70% à l'économie nationale".

L'objectif d’atteindre "une capacité d'environ 4 000 MW" et "_un mix énergétique de 42% d’énergies renouvelables à fin 203_0" est compromis, note l'experte en énergie, Marie-Joscelyne Dosso.

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