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Kenya : le nord-est du pays en proie au groupe Al-Shebaab

Des enseignants kenyans assignés au Nord-Est du pays avaient déjà manifesté en 2015, refusant de revenir dans la région après que certains de leurs collègues aient été tués.   -  
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SIMON MAINA/AFP

Kenya

Dans le comté de Mandera, le harcèlement des combattants du groupe terroriste Al-Shebab ont plongé la région frontalière dans l'insécurité, si bien que de nombreuses écoles sont aujourd'hui désertes.Kenya : le nord-est du pays en proie au groupe Al-Shebaab

Mandera continue de souffrir de l'enracinement des Shebabs. Dans l'extrême-nord est du Kenya, les attaques du groupe djihadiste somalien se sont multipliées dans la dernière année, alors que ses combattants ont accru leur présence dans la région.

Destructions des antennes des communications, attaques contre les ambulances... face au harcèlement constant des djihadistes, la population dit se sentir abandonnée. Le 4 février, l'insécurité a obligé ce conducteur de bus à rebrousser chemin.

"Nous avons quitté la ville vers 6 heures du matin, mais après un certain temps, lorsque nous avons atteint une centrale solaire, des véhicules des forces de sécurité sont arrivés en vitesse et les policiers nous ont demandé de retourner en ville. La police ne nous a rien dit depuis l'incident, nous sommes ici à attendre qu'ils nous disent quelque chose", explique Mohamed Bardad.

"Parfois, on a l'impression d'être en Somalie car les criminels de l'autre pays se déplacent librement et arrêtent des véhicules pour demander qui se trouve à l'intérieur", explique à l'AFP Maalim Abdi, un commerçant de 48 ans dans cette région semi-désertique. "Nous voulons nous sentir comme le reste du pays. Cela ne devrait pas être une malédiction que de vivre à la frontière".

Les écoles, victimes des attaques d'Al-Shabab

Selon le gouverneur du comté de Mandera, situé à la frontière de la Somalie et de l'Ethiopie, 126 écoles restent toujours fermées.

Les enseignants, pris pour cible par les combattants Shebabs, ont pour beaucoup du fuir le comté. Faute de personnel, de nombreuses écoles se retrouvent obligées de mettre la clé sous la porte. Les représentants du corps enseignant dénoncent une insécurité qui s'enracine dans la région.

"Les problèmes de sécurité sont toujours là. Nous avons des défis à relever. Al-Shabaab est le problème qui a poussé nos enseignants, collègues d'autres régions, à fuir ce comté", affirme Kulo Mohamed, représentant de l'union des enseignants de Mandera.

Le Nord-Est du Kenya souffre aussi de la crise politique somalienne: la région du Jubaland, zone frontalière aujourd'hui en opposition avec le gouvernement central de Mogadiscio, peine à stopper les incursions des combattants djihadistes au Kenya.

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