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Inspire Middle East : l'industrie mondiale au service du développement durable

Inspire Middle East : l'industrie mondiale au service du développement durable

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Cette semaine, dans ce nouveau numéro d’Inspire Middle East, Rebecca McLaughlin-Eastham vous retrouve pour parler de l’industrie mondiale et de la production locale.

L’occasion d’évoquer le rôle de l’industrie dans le soutien et la réalisation des objectifs des Nations Unies en matière de développement durable, et d’assister à la conférence de l’ONUDI, l’Organisation des Nations unies pour le Développement Industriel, à Abou Dhabi.

Direction, ensuite, Ras Al Khaimah, aux Emirats, pour s’intéresser au secteur de la céramique, et se rendre dans une entreprise du secteur lancée il y a une trentaine d’années, et qui est devenue un acteur international.

Tous les deux ans, le comité directeur de l’Organisation des Nations unies pour le Développement Industriel réunit sa conférence générale. Et pour la première fois, elle se tient au Moyen-Orient.

La 18e édition de la conférence a réuni des experts sur le thème “L’industrie en 2030, innover, relier, transformer votre avenir “. L’accent a été mis sur l’optimisation des nouvelles technologies et la quatrième révolution industrielle, pour faire avancer l’industrie mondiale. Et les Etats membres ont signé un accord, la “Déclaration d’Abou Dhabi” pour appeler le secteur privé à promouvoir un développement industriel durable et inclusif, dans le monde dentier.

Le développement de l’industrie et de la production aux Émirats – de la pétrochimie et du plastique jusqu’aux minerais, en passant par l’agroalimentaire – sont les piliers de la croissance d’Abou Dhabi.

Dans la capitale émiratie, les activités du secteur manufacturier se sont développées ces dernières années, et ont augmenté de 6 % en 2018. Elles représentent 12 % du PIB, hors pétrole, d’Abou Dhabi. Rebecca McLaughlin-Eastham a rencontré Khaled Hanafi, secrétaire général de l’Union des Chambres Arabes.

Rebecca McLaughlin-Eastham – C’est la première fois que la conférence générale de l’ONUDI se tient ici, dans le monde arabe, et au Moyen-Orient. Pourquoi aujourd’hui et pourquoi est-ce si important ?

Dr Khaled Hanafi, secrétaire général de l’Union des Chambres Arabes – Les Émirats font partie des pays qui affichent un développement fort dans de nombreux secteurs de l’économie. Mais l’idée est aussi que lorsqu’on parle d’entrepreneurs, d’innovation, la jeunesse arabe est prête pour cela, et tous leurs projets sont liés à la quatrième révolution industrielle, l’innovation, et l’intelligence artificielle.

Vous parlez de la quatrième révolution industrielle, qui est un point central de notre discussion. Ces cinq dernières années ont été étonnantes, si l’on voit ce qu’il s’est passé sur le plan technologique. Comment voyez-vous les choses à l’horizon 2030, l’échéance fixée pour la stratégie de l’ONUDI ?

Ce que je pense, c’est que nous devons nous tenir prêts pour la cinquième révolution industrielle, le 5.0, car la quatrième est maintenant derrière nous. La nouveauté, c’est l’engagement de l’humain et la touche humaine dans les technologies d’avenir.

Plus globalement, parlons des tensions et de la guerre commerciale qui sévit actuellement entre la Chine et les États-Unis. Pour les pays arabes, cela représente une menace ou une opportunité ?

Cette guerre donne des opportunités aux pays arabes. Pour les pays importateurs du monde arabe, ils peuvent profiter de produits importés un peu moins chers. Et ces pays vont chercher des partenaires stratégiques, pas seulement pour réaliser les échanges commerciaux, des exportations ou des importations. L’idée, c’est de nouer des alliances stratégiques. La plupart des pays arabes peuvent apporter leur pierre au projet chinois de « ceinture » et de « Nouvelles Routes de la Soie », en jouant le rôle de portes d’entrée vers d’autres pays d’Afrique.

La conférence a souligné l’importance de la jeunesse et d’une main-d‘œuvre paritaire dans le milieu des technologies de pointe de demain. Elle a aussi relevé l’avancée des Émirats dans la construction de zones industrielles et économiques, mais aussi de villes vertes et durables, comme l’explique Stephan Sicars, de l’ONUDI.

Parlons maintenant de la façon dont nous vivons aujourd’hui et de celle dont nous serons amenés à vivre, à savoir dans des villes durables. Nous avons un exemple ici aux Émirats. Cela peut-il servir de modèle pour l’ensemble de la région ? Ou devons-nous simplement transformer l’existant ? Quel est le plus économique ?

Stephan Sicars, directeur de l’environnement, UNODI – C’est pour nous un exemple et un terrain d’apprentissage extraordinaire pour travailler sur la façon d’aller de l’avant. Mais bien sûr, la population se concentre dans les villes, en l’état actuel des choses, qui représentent toutes les couches de la société et tous les niveaux de revenus.

Et on doit trouver un moyen de transformer ces villes en un lieu de vie plus durable. Cette transformation sera largement influencée par ce qu’on va apprendre de ce qui se fait ici, mais ce ne sera pas un modèle pour tout, parce que les villes existent avec une population présente. Les problèmes liés à durabilité et la prise en compte de l’environnement doivent être résolus dans les villes d’aujourd’hui, qui seront informées des résultats obtenus ici.

L’ONUDI défend ardemment la décarbonisation de l’industrie, de la société et de l‘économie. Mais dans quelle mesure les gouvernements sont-ils prêts à s’engager dans cette voie ? Et quelles sont les prochaines étapes à franchir pour que cela se fasse rapidement ?

Forcément, on se demande toujours si cela sert les intérêts économiques du pays, si c’est la meilleure manière d’avancer. Si vous creusez, vous vous rendez compte que la décarbonisation se fonde surtout sur des mesures d’efficacité, qui ne visent pas que les entreprises, mais toute la société.

Et si on met en place ces mesures d’efficacité, on économise essentiellement de la valeur, une valeur qui crée ailleurs des emplois. Et notre rôle à l’ONUDI est de faire surgir cette croissance parallèle d’une plus grande durabilité environnementale et d’une plus grande compétitivité économique.

Après cette conférence, les experts vont maintenant suivre avec attention la manière dont les Émirats réalisent non seulement leurs projets pour une vie durable, mais aussi leurs objectifs industriels et dans le secteur manufacturier.

Le rayonnement de la céramique émiratie

Quand on parle de céramique, on pense à la porcelaine ou aux tours de potiers, mais c’est bien plus que cela, comme notre reporter Salim Essaid a pu le voir, lorsqu’il a pris la route des sommets d’Al Hajjar à Ras Al Khaimah.

L’art de la céramique, c’est d’exploiter la richesse des matières premières. Le travail de minerais naturels comme l’argile, le feldspath ou la silice permet de fabriquer des revêtements durables, qui représentent plus de la moitié de cette industrie mondiale, pesant près de 230 milliards de dollars, selon l’institut Grand View Research.

Le bâtiment est l’un des catalyseurs du marché, qui nécessite à chaque étape, des revêtements de sols, ou de murs, mais aussi des équipements en céramique comme des éviers ou des baignoires, et ce en particulier dans des pays comme la Chine et l’Inde, qui représentent à eux seuls plus de la moitié de la production mondiale des carrelages de céramique. L’Iran, la Turquie et l’Egypte figurent aussi parmi les dix premiers producteurs. Les Etats-Unis sont les premiers importateurs au monde, suivis de l’Irak et de l’Arabie Saoudite.

Et c’est dans l‘émirat de Ras Al Khaimah que se trouve l’une des cinq premières entreprises de production de tuiles de la planète, au milieu de montagnes d’argile rouge. RAK Ceramics existe depuis 1989. Elle produit aujourd’hui plus de cent millions de mètres carré de carrelage et des millions d’articles sanitaires et de vaisselle, exportés vers plus de 150 pays depuis ses 21 usines situées aux Émirats, en Inde et au Bangladesh.

On peut voir leurs carrelages dans des bâtiments emblématiques, comme la Burj Khalifa, à Dubaï, ou le stade de Wembley, au Royaume-Uni. Selon le PDG de l’entreprise, les consommateurs veulent aujourd’hui des produits personnalisés.

« J’ai commencé à travailler dans ce secteur en 1991 et à l‘époque, on s’estimait heureux de vendre tout un pan de cuisine ou de salle de bain », note Abdallah Massaad, PDG de RAK Ceramics.« Grâce aux avancées des technologies, on est aujourd’hui capables d’imprimer sur n’importe quelle surface ».

L’entreprise peut produire des dalles de 135 centimètres de côté, imprimables, comme du papier, pour ressembler à du marbre, du métal ou du bois, mais elles sont plus durables que leurs équivalents naturels. Les techniques actuelles ont permis aussi à la société de réduire ses coûts.

« Nous avons investi dans la production combinée », poursuit le PDG, « en utilisant la chaleur du four et pour produire notre électricité, et réduire le coût de l’énergie, et nous utilisons un four écologique qui offre une consommation de gaz plus basse, et permet de recycler plus de 40 % de l’eau ».

Ces méthodes ont eu un impact positif sur le chiffre d’affaires, qui a augmenté depuis l’année passée, et, qui s’élevait à près de 350 millions de dollars au mois de juin. Un résultat dû essentiellement à la demande émiratie, mais aussi de l’Europe, en particulier pour la porcelaine et la vaisselle.

« Nous écoulons près de 50 % de notre production en Europe », indique Abdallah Massaad, estimant que la tendance est aux couleurs chatoyantes.

« Quand on parle de la céramique, on ne parle pas seulement du carrelage et de la vaisselle », souligne notre reporter, Salim Essaid. « L’un des secteurs en pleine croissance de marché mondial est celui de la céramique haute performance, qui a des qualités spécifiques, comme une plus grande résistance à la chaleur et à la force, utilisée pour les équipements militaires, les smartphones… Et même dans notre corps ».

En médecine, l’alumine de haute densité sert à reconstruire les articulations abîmées par une fracture ou par l’arthrose. Dans les téléphones portables, la céramique est utilisée pour construire des condensateurs qui limitent la libération d‘électricité.

La céramique sert aussi à fabriquer des dents en porcelaine, des implants et des couronnes, qui offrent aux patients une sensation et une apparence proches du naturel.

« Avec toutes les nuances que l’on peut utiliser, les reflets de la lumière, l’aspect naturel… Cela ressemble à de vraies dents », affirme Ronald Masri, codirecteur d’Elite Class Dental Lab.

Le processus consiste à utiliser les empreintes dentaires du patient pour créer un moule, cuit à 1500 degrés pour le durcir, et à superposer ensuite soigneusement différents types de céramiques.

Au gré des avancées de la recherche, le marché des céramiques haute performance devrait supplanter l’industrie de la céramique traditionnelle, dans le monde, grâce à une croissance prévisionnelle de 9 % entre 2019 et 2025, selon l’institut Grand View Research. Le prochain virage technologique de demain pourrait donc être lié aux éléments de base de la céramique classique.

Vous pouvez retrouver toutes nos émissions précédentes sur ce site.

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