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Afrique du Sud : des étudiants conçoivent des briques à partir d'urine

Afrique du Sud

Fabriquer des briques-bio à partir d’urine humaine, c’est désormais possible.

Deux étudiants et un professeur de génie civil de l’université de Cap-Town en Afrique du Sud ont mis au point une conception de briques biologiques qui respectent l’environnement.

Grâce à un processus appelé aussi, précipitation microbienne du carbonate, les briques sont cuites à des températures ambiantes dans des moules.

Selon les chercheurs, le procédé tue tous les pathogènes et des bactéries nocives présentent dans l’urine et au bout de 48 heures toutes les odeurs désagréables disparaissent.

“La première étape de la fabrication de la brique consiste à recueillir l’urine et, pour ce faire, nous utilisons de l’hydroxyde de calcium pour stabiliser l’urine et l’amener à un pH où l’ammoniac n’est pas hydrolysé, puis l’urée n’est pas hydrolysée, puis nous ajoutons du chlorure de calcium afin d’ augmenter la concentration en calcium dans notre urine que nous allons utiliser pour la pompe et ensuite nous l’injectons dans les briques avec le mélange sable et eaux usées, tous ces ingrédients sont présents sur la brique” explique Vukheta Mukhari, étudiant en génie civil.

Cette découverte réduit le carbone dans la production de matériaux de construction. De plus, les chercheurs estiment que le potassium et l’azote créés en sous-produits de la brique peuvent servir pour la fabrication d’engrais. C’est ce que soutient le professeur Dyllon.

“Si l’on considère par exemple la quantité d’eau usée que nous produisons à partir de nos maisons, en termes de volume, l’urine ne représente que 1% de ce flux de déchets. Mais elle contient plus de 80% d’azote, environ 70% du potassium et 50% du phosphore. Il s’agit là de trois éléments nutritifs essentiels à la fabrication d’engrais organiques et, littéralement, nous les éliminons tous les jours et nous les évacuons par nos réseaux d‘égouts. Pourquoi ne le ferions-nous pas, pourquoi ne le récupérerions-nous pas plutôt et ne fabriquerions-nous pas essentiellement de multiples produits et, à mon avis, c’est ainsi que nous atteindrons un avenir vraiment durable”

Pour une brique, il faudrait environ 25 à 30 litres d’urine, soit une centaine de détours dans les toilettes. La ressource ne manque pas estime cette étudiante chercheuse, qui voit un avenir bien meilleur à ses briques biologiques.

“Oui, je vois certainement une commercialisation dans les dix ou vingt prochaines années. Il y a beaucoup d’optimisation, beaucoup de travail de laboratoire à faire, des problèmes logistiques évident avec la collecte de l’urine, la création des engrais, comme il y a encore beaucoup de choses à régler avant qu’elle puisse sortir dans le monde” souligne Suzanne Lambert, chercheuse.

En attendant que le processus de fabrication des briques biologiques soit bien affiné, les chercheurs continuent leurs expérimentations avec l’espoir de voir leurs briques devenir le prochain matériau de construction en Afrique du Sud.

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