Wall Street
Les places boursières mondiales ont nettement reculé jeudi, tandis que les cours du pétrole ont brutalement grimpé, après les déclarations de Donald Trump annonçant la poursuite et l’intensification des frappes américaines contre l’Iran.
Les investisseurs redoutent désormais une crise durable de l’approvisionnement énergétique, notamment autour du détroit d’Ormuz.
Les marchés financiers ont accusé un net repli jeudi, au lendemain d’une nouvelle escalade verbale et militaire entre Washington et Téhéran. Les propos du président américain Donald Trump, qui a affirmé que les États-Unis continueraient de frapper l’Iran « extrêmement durement au cours des deux à trois prochaines semaines », ont ravivé les craintes d’un enlisement du conflit au Moyen-Orient.
À Wall Street, la réaction a été immédiate : l’indice S&P 500 cédait 1,1 % en matinée, tandis que le Dow Jones abandonnait 545 points, soit 1,2 %. Le Nasdaq reculait pour sa part de 1,6 %. Les principales places européennes et asiatiques ont également terminé en baisse, reflétant la nervosité croissante des investisseurs face à l’absence de perspective claire de désescalade.
Cette correction intervient alors que les marchés avaient jusque-là évolué dans l’espoir d’une issue rapide au conflit. Malgré ce recul, les grands indices demeurent encore orientés vers une clôture hebdomadaire positive, la séance de jeudi étant la dernière avant la fermeture de Wall Street pour le Vendredi saint.
Sur le front énergétique, la tension a été encore plus spectaculaire. Le pétrole américain West Texas Intermediate (WTI) a bondi de plus de 11 %, atteignant jusqu’à 113,97 dollars le baril en séance, sa plus forte progression en valeur absolue depuis 2020. Vers 16 h 10 GMT, il s’échangeait à 111,27 dollars, en hausse de 11,19 dollars.
Le Brent de la mer du Nord suivait la même trajectoire, progressant de 6,3 % à 107,5 dollars le baril. Fait notable, le WTI s’est négocié avec une prime de près de 3 dollars par rapport au Brent, une situation inédite depuis un an.
Les opérateurs redoutent avant tout des perturbations prolongées de l’offre mondiale, dans un contexte où le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour une part majeure des exportations mondiales d’hydrocarbures, demeure au cœur des préoccupations. Donald Trump n’a apporté aucune précision sur les conditions d’une éventuelle réouverture du détroit, alors que plusieurs dizaines de pays cherchent des solutions pour rétablir le trafic maritime énergétique.
Les projections des analystes reflètent cette volatilité : selon Citi, le Brent pourrait s’établir en moyenne à 95 dollars le baril dans le scénario central, mais grimper jusqu’à 130 dollars au second semestre en cas d’aggravation de la crise.
02:03
Afrique du Sud : carburant en hausse et stations-service prises d'assaut
00:48
Guerre au Moyen-Orient : des détaillants kényans en pénurie de carburant
01:02
Guerre au Moyen-Orient : le Soudan a sécurisé son approvisionnement pétrolier
01:53
Égypte : hausse des carburants et aides sociales renforcées face à la crise
01:49
Égypte : incompréhension après la hausse de 30 % des prix des carburants
01:49
Nigeria : la raffinerie Dangote promet de prioriser le marché intérieur