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Cameroun : des orpailleuses exposées aux lésions vaginales

Des orpailleuses dans la mine de Kambélé 3 au Camroun   -  
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Cameroun

Autrefois cultivateurs, des habitants de Kambélé dont des femmes, dans l’arrondissement de Batouri, dans l’Est du Cameroun, passent désormais leurs journées dans les mines d’or, à la recherche de la moindre pépite. Mais à Kambélé, lorsqu’on parle de l’or, on parle aussi du Mercure et de ses conséquences sur la santé.

Tamis à la main, trempées pendant des heures dans de l’eau, ces populations espèrent trouver quelques pépites d’or. Dans cette mine à ciel ouvert, le geste est devenu banal pour les orpailleurs du village Kambélé 3 à plus de 400 kilomètres de Yaoundé, la capitale camerounaise.

Des enfants, mais aussi des femmes enceintes entre autres, glanent les résidus d’or qui pourraient avoir échappé aux mailles de cette mine exploitée par des Chinois. Une activité connue ici comme dangereuse, notamment pour les femmes.

'' Dès que le mercure entre au bas des femmes, il y a de la saleté qui entre en elles et qui cause des dégâts. En effet, ça gratte le corps d'une femme, et pas seulement les femmes, nous les hommes aussi ; et là-bas, en bas au niveau du sexe des femmes, ça cause des problèmes'', explique François Mbembi, jeune orpailleur camerounais.

Parmi les orpailleuses nombreuses ont ce qu’elles appellent "la blessure" sur les parties intimes. Marie-Noëlle fait partie travaille dans ce secteur depuis maintenant 10 ans. Elle affirme avoir constaté un changement depuis que le Mercure est associé à l’exploitation de l’or dans son pays. ‘’Comme le mercure est arrivé, quand on travaille là-bas dans l’eau parfois il y a des démangeaisons ; ça blesse, même chez nous en bas là, ça fait des blessures, ça fait des démangeaisons et quand tu grattes ça blesse. Les autres vont souvent à l’hôpital. On avait dit dernièrement que ça avait rongé une femme sur son vagin jusque dans son ventre. Elle est allée à l’hôpital, et c’est la suite que je n’ai plus entendue. ‘’, souligne-t-elle.

A l’hôpital catholique de Batouri, le Docteur Bethsalel Ndifo est l’un des habitués des patients souffrant de lésions vaginales. Au fil des temps dit-il, il s’est rendu compte que la plupart travaillaient suffisant pour un établir un lien avec le mercure, utilisé ici par presque tous les grands exploitants pour faciliter la séparation de l’or avec les résidus.

'' S’il est bien vrai que le mercure peut entraîner des lésions face au contact au niveau de la peau, du tube digestif lorsqu'on l’ingère, il est tout aussi vrai que si seulement il y a ce contact au niveau génital, vu que la femme se trouve plongée dans l’eau contenant du mercure durant ce travail, alors on comprend que le sexe l’appareil reproducteur, notamment le vagin qui se trouve également exposés à ce liquide contenant du mercure peuvent se trouver aussi endommagés '', affirme ce médecin généraliste.

Dans cette cité minière, les défenseurs de l’environnement redoutent l’omniprésence de ce produit dangereux dans la nature. Pourtant le Cameroun est depuis décembre 2018, état partie de la convention de Minamata sur le mercure. Une convention qui engage les états à réduire, voire éliminer ce produit du processus d’extraction artisanale de l’or.

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