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Libye : le général Haftar accorde l'"amnistie spéciale" à un journaliste

Libye : le général Haftar accorde l'"amnistie spéciale" à un journaliste
Libyan strongman Khalifa Haftar is welcomed by the Greek Foreign Minister in Athens, on January 17, 2020   -  
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ARIS MESSINIS/AFP or licensors -

Libye

Un photographe libyen, arrêté en 2018 dans la ville d'Ajdabiya dans l'est du pays et condamné à 15 ans de prison par un tribunal militaire, a été relâché.

Les forces de l'homme fort de l'Est de la Libye, le maréchal Khalifa Haftar, se sont montrées clémentes, une source du bureau du procureur militaire à Benghazi a affirmé que_"Ismail Abuzreiba el-Zouay, condamné à 15 ans de prison, a été relâché après avoir bénéficié d'une amnistie spéciale du commandement général des forces armées_" sous le contrôle du général Haftar.

Cette source, qui a requis l'anonymat, a indiqué que M. Abuzreiba est sorti de prison tard samedi soir, grâce à une "amnistie spéciale".

Pour rappel, le photographe en question avait été arrêté en décembre 2018 dans la ville d'Ajdabiya, une ville de l'est libyen sous le contrôle du maréchal Haftar. À la suite de son arrestation, il avait été condamné en mai 2020 par un tribunal militaire de Benghazi.

Liberté de la presse

Alors que la Libye figure à la 165e position sur 80 du classement mondial de la liberté de la presse oublié par l’ONG, Reporters sans frontières, Hanan Salah, chercheuse de l'ONG Human Rights Watch pour la Libye, s'est félicitée dimanche dans un tweet de la libération de M. Abuzreiba, la qualifiant toutefois de "tardive" après trois ans de "détention arbitraire".

De plus, Mme Salah a dénoncé la condamnation du journaliste par "un tribunal militaire de Benghazi" lors d'un "procès secret" pour de "fausses accusations de terrorisme". Le jugement de M. Zouay par une instance militaire au lieu d'un tribunal civil avait suscité des critiques à l'encontre des forces pro-Haftar et la "consternation" des Nations unies.

Le maréchal Khalifa Haftar

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, le pays, plongé dans le chaos tente de s'extraire d'une décennie de violences et de luttes au pouvoir.

Ancien proche de Kadhafi, le maréchal et commandant en chef de l'Armée nationale libyenne Khalifa Haftar, est fragilisé depuis qu'il n'a pas réussi à s’emparer de la capitale Tripoli, en dépit de l'appui de la Russie, de l'Egypte ou des Emirats arabes unis.

Après son échec, un accord de cessez-le-feu entre les forces loyales de l'ancien Gouvernement d'union nationale et les forces loyales au maréchal Haftar, a été conclu en octobre 2020. Aussi, un gouvernement unifié et transitoire a été installé sous la houlette de l'ONU début 2021 pour mener le pays à un scrutin présidentiel et législatif annoncé pour le 24 décembre.

Pour le plus ambitieux de la Libye, la récente libération du fils de Kadhafi risque d’être un frein à son ascension, d'autant plus que Saadi Kadhafi semble porter sur ses épaules les espoirs des sympathisants kadhafistes.

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