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Des Algériens dans la rue pour le second anniversaire du Hirak

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Algérie

Des centaines d’Algériens ont manifesté mardi au centre de Kherrata, localité à 200 kilomètres d’Alger, présentée comme le berceau du Hirak, pour célébrer le deuxième anniversaire du mouvement qui a contraint l’ancien président Bouteflika à la démission alors qu’il tentait de briguer un… 5e mandat. C’était le 16 février 2019.

Pour ce second anniversaire, les manifestants ont bravé les restrictions liées à la lutte contre le coronavirus.

"Les Algériens ont décidé aujourd'hui d'exprimer leur droit à l'autodétermination. Aujourd'hui, la ville de Kherrata est un sanctuaire, un lieu de pèlerinage et une Mecque pour tous les Algériens", déclare Aziz Shaiban, jeune commerçant algérien.

Comme un goût d’inachevé, les manifestants ont exprimé une nouvelle fois leur soif de changement. La cible, le régime du président Tebounne.

" Le président algérien Tebboune est illégitime, il a été nommé par les généraux et ce sont eux qui ont mis le pays à terre. Les jeunes veulent construire leur avenir et leur pays. On n'est pas venu ici pour faire la fête, on est venu pour les faire partir. Vive le Hirak", explique Murad, avocat algérien.

Tebboune, nouvelle cible des protestataires

Les manifestations publiques restent interdites en Algérie en raison de la pandémie de Covid-19.

Si de nombreux internautes se sont félicités de la reprise du mouvement, d'autres ont critiqué le non respect des mesures sanitaires, dont le port du masque de protection, peu visible chez les protestataires.

Les marches du Hirak sont à l'arrêt depuis mars 2020 mais à l'approche de l'anniversaire du soulèvement, les mobilisations sporadiques se sont multipliées, notamment en Kabylie (nord-est), et avec, la crispation du régime.

Cet anniversaire survient dans un climat de crispation du régime, confronté à une multicrise politique, sanitaire et socio-économique.

De retour d'Allemagne, où il a été soigné pendant trois mois du coronavirus puis de complications post-Covid, le numéro un algérien se trouve à la tête d'un pays en crise, avec des institutions bloquées et une économie à bout de souffle.

Aux appels à la démocratie s'ajoutent désormais des revendications socioéconomiques -- des étudiants par exemple --, dans un pays à l'économie peu diversifiée, tributaire des cours du marché pétrolier, qui voit fondre ses réserves de change.

Reprenant ses activités après sa longue absence à l'étranger, le président a mené ce week-end des consultations avec plusieurs partis politiques, y compris de l'opposition, en vue de scrutins locaux et législatif anticipés d'ici la fin de l'année.

Tandis que la nouvelle loi électorale doit être présentée au Parlement, Tebboune s'apprêterait à procéder à un remaniement du gouvernement, ayant publiquement exprimé son insatisfaction devant l'action de l'équipe du Premier ministre Abdelaziz Djerad.

Le chef d'Etat est également attendu sur la "question mémorielle" entre l'Algérie et la France, ancienne puissance coloniale, après la remise en janvier du rapport de l'historien français Benjamin Stora au président Emmanuel Macron.

Arrivé au pouvoir le 12 décembre 2019 avec la volonté d'incarner "la nouvelle Algérie", mais mal élu, le président algérien est régulièrement interpellé par les défenseurs des droits humains qui dénoncent une répression systématique à l'encontre des opposants, des médias indépendants et des blogueurs.

Lors de son investiture, il avait souhaité tendre la main au "Hirak authentique béni", l'expression consacrée par le régime à un mouvement dont les thuriféraires jugent les revendications désormais satisfaites, qualifiant aujourd'hui ses partisans de "magma contre-révolutionnaire".

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