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Taouarga, ville sinistrée du conflit libyen

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Manu Brabo/AP

Mouammar Kadhafi

Presque dix ans sont passés, mais Taouarga porte toujours les stigmates de la punition. Accusés d'avoir participé au siège de Misrata et d'y avoir commis des exactions sur ordre de Mouammar Kadhafi, les quelques 40 000 habitants de la ville libyenne ont subis les représailles des milices révolutionnaires. Aujourd'hui, les anciens habitants commencent à retrouver leur ville.

"Nous sommes désormais sur la terre de Taouerga, et c'est ce que nous désirions le plus ces sept dernières années. Le fait que nous puissions être à Taouerga est en soit un but que nous avons atteint", explique Abdel Rahman Shakshak, le maire de la ville.

Depuis juin 2018, une réconciliation a été scellée entre les villes ennemies de Misrata et de Taouarga, pour permettre le retour des habitants.

Bannis, leurs maisons détruites ou incendiées, ils ont été enfermés des années durant dans des camps dispersés à travers le pays, vivant dans un dénuement total, interdits de rentrer chez eux. Le sort réservé aux habitants de Taouarga, en majorité noirs descendants d'esclaves, a suscité émoi et indignation.

Un retour compliqué

Malgré les promesses d'indemnisations du Gouvernement d'Union Nationale (GNA), seul un tiers des Taouargais sont revenus.

"Tout Tawerghais digne et honorable devrait retourner à Taouarga afin que nous puissions envoyer nos demandes au gouvernement", s'exclame Mahmud Abu al-Habel, revenu vivre dans la ville.

Car si le gouvernement d'Union Nationale (GNA) avait promis une aide à la reconstruction de la ville, l'argent se fait toujours attendre. A ce jour, les demandes d'aides sont restées sans réponses de la part du GNA. "__Pour qu'ils reviennent, il faut créer des emplois et des logements, mais l'attention du gouvernement est "accaparée par les conflits et les divisions", fustige Abdel Rahman Shakshak le maire de la ville. "Nous avons demandé au gouvernement la construction de 1.500 logements dans les quartiers entièrement détruits mais cette requête est restée lettre morte".