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En RCA, la ville de Bambari peine à relancer son économie

Des commerçants sont assis devant leurs magasins à Bambari, en République centrafricaine, le 18 novembre 2020   -  
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CAMILLE LAFFONT/AFP or licensors

République Centrafricaine

Bambari, au cœur de la République Centrafricaine, est une ancienne ville prospère du pays. **Connue pour son marché historique de Kidjigira, la ville a été le symbole de la guerre civile entre les musulmans de la Seleka, une alliance qui a renversé le président François Bozize en 2013, et les milices anti-balaka, majoritairement chrétiennes et animistes, entre 2013 et 2017.**

Le marché était le "n_o man's land"_ entre les quartiers musulmans et les quartiers chrétiens. Depuis 2017, les donateurs internationaux et les agences humanitaires ont concentré leurs efforts sur Bambari, pour en faire un projet pilote de développement pour le reste de la nation divisée et enclavée. Malgréles milliards de francs CFA dépensés, le chômage et la pauvreté persistent.

"Il y a beaucoup de projets qui sont arrivés à Bambari pour changer la ville. Nous avons vu qu'il y a de bons projets pour l'avenir de nos jeunes, mais il n'y a pas de plans de durabilité pour ces projets", déclare Jeannot Nguernendji, président du comité de paix Bambari.

L’économie de la ville dépend des organisations humanitaires, qui sont presque les seules sources d'emploi. Ces ONG sont à l’origine de nombreux projets qui ne peuvent perdurer en raison de l’absence de mécanismes mis en place. Il est parfois plus facile pour les jeunes de rejoindre la rébellion.

Abel Matchipata, maire de Bambari,pense que le problème est causé par le manque d'emplois. "Le problème est le niveau de chômage, qui est très élevé à Bambari, car la crise a entraîné de nombreux abandons scolaires. Si bien que le nombre de demandeurs d'emploi a doublé, voire triplé".

Hormis la fragile société nationale sucrière et quelques succursales de téléphonie mobile, "il n'y a aucune grande entreprise ici", déplore-t-il. La ville peut bien s’enorgueillir de ses 3 km de route tout juste bitumés, il n'y passe que des véhicules humanitaires et des taxis-motos. Les camions des commerçants, eux, sont rares.

La Banque mondiale a exhorté le prochain gouvernement à diversifier une économie qui dépend fortement de l'agriculture de subsistance. En 2018, 71% de la population centrafricaine vivait en dessous du seuil de pauvreté international de 1,90 dollars par jour.

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