République démocratique du Congo
En RDC, l’ancien ministre de la communication Lambert Mende Omalanga dans le viseur du vice-Premier ministre en charge de la sécurité. Basile Olongo l’accuse d’exploitation illégale de diamants.
C’est le tout premier ostensible bras de fer entre deux membres de l’ancien régime, 5 mois après le départ de Joseph Kabila du pouvoir.
Il oppose le vice-Premier ministre en charge de la sécurité Basile Olongo à l’ancien porte-parole du gouvernement, Lambert Mende accusé d’exploiter clandestinement le diamant.
Il s’agit, à en croire Olongo, d’un diamant de 87 carats extrait par des mineurs artisanaux ne disposant pas d’agrément. Il aurait été détourné à l’aéroport sur ordre et initiative de Mende. Et en vertu des articles 115 et 311 du code minier en vigueur en RDC, Mende doit être poursuivi en justice.
Arrêté dimanche en toute brutalité à son domicile, Lambert Mende a pourtant été très rapidement relâché. Des observateurs pensaient que l’affaire était déjà close. Mais personne n’avait jamais imaginé qu’Olongo reviendrait à la charge 24 heures après l’assaut des policiers au domicile de son camarade du Front commun pour le Congo (FCC) de l’ancien président de RDC Joseph Kabila.
#RDC : sur les images de l’arrestation
LambertMendedes policiers comgenpnc… et des membres de la police militaire. Pour le ministre Basile Olongo, c’est la preuve qu’il n’est pas impliqué pic.twitter.com/pNhoNexcm0— Sonia Rolley (@soniarolley) 19 mai 2019
Dénonçant la brutalité de l‘équipe policière lors de l’opération, Basile Olongo a toutefois réaffirmé sa volonté de sanctionner Lambert Mende. Et la peine pourrait être bien lourde. « Lambert Mende encourt une peine allant de 10 à 20 ans de prison avec une amende allant de 250.000 à 500.000 dollars américains, pour détention illégale de diamant artisanale », a déclaré lundi Basile Olongo, lors d’une conférence de presse.
Actuellement député national dans sa province natale du Sankuru au centre de la RDC, Lambert Mende quant à lui, estime que le traitement auquel il a eu droit est l‘œuvre d’Olongo. Il a ainsi promis d’introduire une motion à l’Assemblée nationale. Sans doute, pour que le vice-premier ministre soit évincé ou encore pour qu’en vertu de l’immunité parlementaire, il échappe à la justice.
Mais, comment aura lieu l‘épilogue de cette empoignade politico-judiciaire entre ces deux gros coqs de la basse-cour « kabiliste » ? Difficile de le savoir. Une chose est sure. À défaut d’un procès équitable, l’on pourrait assister à un règlement politique de la crise.
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