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Ghana : des journalistes agressés par des policiers

Ghana : des journalistes agressés par des policiers

Ghana

Au Ghana, trois journalistes ont été tabassés par des policiers jeudi à Accra, rapporte une ONG de défense des droits des journalistes qui exige des sanctions pénales.

La nouvelle a été donnée par l’Association des journalistes du Ghana (GJA) par le biais d’un communiqué rendu public vendredi. Selon l’ONG ghanéenne des droits des journalistes, Raissa Sambo, Malik Suleman et Salifu Abdul Rahman agents du quotidien d‘État « Ghanaian Times Newspaper » ont été passés à tabac jeudi par des policiers en colère.

Et selon la GJA, tout a commencé par un incident causé par un motard qui a enfoncé son engin non immatriculé sur la voiture dans laquelle ils faisaient des courses ce matin-là. Le véhicule de marque Nissan appartenant à leur entreprise a été endommagé au niveau du pare-brise et du pare-chocs.

Plutôt, que de s’excuser, le policier a détalé. Les trois journalistes ont alors poursuivi le motard et l’ont rattrapé en se s’immobilisant en travers de la voie de manière à l’empêcher de passer.

Un journaliste est descendu pour faire des reproches au policier pendant qu’un autre filmait la dispute avec son téléphone. Mécontent, le policier qui venait d‘être rejoint par ses collègues a demandé au journaliste de détruire le film.

Le Ghana, bon élève en 2018, selon RSF

Face au refus, ils se sont mis à frapper les trois journalistes. Malik a été placé en détention avant d‘être libéré ce matin sur ordre de David Eklu, chef de service des Relations publiques de la police.

Raïssa qui a accouché d’un bébé il y a deux mois, est admise à l’hôpital où ses blessures sont en train d‘être soignées.

Pour la GJA, c’est un incident « barbare » qui ne devrait pas avoir droit de cité dans un « État démocratique ». L’ONG exige ainsi des sanctions pénales de manière à « étouffer une culture basée sur l’impunité dont bénéficient jusqu’ici des auteurs d’agressions à l’encontre des journalistes ».

Une doléance qu’entend exaucer l’institution en charge de la sécurité. « Soyez rassurés. Cet acte ignominieux ne sera pas impuni. Une enquête est en cours et ils seront punis en connaissance de cause », a promis David Eklu.

Si le Ghana a occupé la 23è place dans le classement 2018 (donc meilleur élève en Afrique) de la liberté de la presse, le pays a mal démarré l’année 2019. En janvier dernier, Ahmed Husein, un journaliste d’investigation a été abattu alors qu’il rentrait chez lui.

Il faisait partie de l‘équipe de reporters infiltrés dirigée par le célèbre journaliste Anas Aremeyaw Anas, qui a fait éclater l’an dernier un vaste scandale de corruption et de matchs truqués, conduisant à de lourdes sanctions des instances internationales. 

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