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Le nombre d'arbres couvrant une vaste zone d'Afrique subsaharienne a été établi pour la première fois grâce à une méthode combinant observations satellites et intelligence artificielle, qui pourrait améliorer la préservation de ces puits de carbone, selon une étude dévoilée mercredi dans Nature.
Les estimations précédentes avaient surestimé le stockage du carbone, expliquent les chercheurs, dont le décompte pourrait s'avérer crucial dans la lutte contre la désertification.
Selon l'étude, il y aurait 9,9 milliards d'arbres sur une bande de terres arides couvrant près de 10 millions de km2 de l'océan Atlantique à la mer Rouge, soit à peu près la superficie de la Chine. A comparer aux 400 milliards d'arbres environ de l'Amazonie.
Dans les zones arides, les arbres capturent le carbone bien plus longtemps que les herbacées et les autres espèces végétales de la région, même si, considérés individuellement, ils en stockent assez peu.
Dans la région étudiée, les arbres stockeraient au total 0,84 milliard de tonnes d'équivalent carbone, calculent les chercheurs. En comparaison, les forêts françaises en retiennent quelque 2,4 milliards de tonnes.
Les scientifiques ont utilisé l'intelligence artificielle pour analyser plus de 300 000 images satellite à haute résolution afin de déterminer la surface couverte par les feuilles de chaque arbre dans les régions arides.
Cette méthode "nous renseigne sur le cycle du carbone et sur la quantité de carbone que renferment les arbres et qui atténue le changement climatique", a déclaré à l'AFP Compton Tucker, coauteur principal de l'étude.
Ces données constituent un premier pas vers l'élaboration de meilleures politiques de sauvegarde, en améliorant le suivi des programmes de préservation de la forêt par les scientifiques et ceux qui investissent dans des projets de crédit carbone.
"Dans la finance verte, il y a beaucoup d'argent dédié à la déforestation évitée qui n'a pas été utilisé, faute de système de vérification", a justifié Philippe Ciais, chercheur du Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), participant de l'étude.
Les auteurs comptent perfectionner l'outil en incluant des caractéristiques sur le tronc de l'arbre, qui devrait fournir des données plus fines sur son âge et sa hauteur, paramètres qui influent sur le stockage du carbone.
"Ce n'est pas encore possible, mais on y est presque", a expliqué à l'AFP Pierre Hiernaux, coauteur.
La même méthodologie pourrait être utilisée dans d'autres zones arides, notamment en Australie, dans l'ouest des États-Unis, en Asie centrale et aider le projet de "Grande Muraille verte", qui vise à régénérer la savane, les prairies et les terres agricoles dans le Sahel.
Une carte interactive en ligne (https://trees.pgc.umn.edu/app) permet d'explorer les résultats.
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